‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 4)Chapitre 219 sur 330 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

HECTOR, M. DE SAINT-GÉRAN

M. DE SAINT-GÉRAN, qui vient de reconduire Emmerie.

Pauvre jeune homme! il en est réellement tout bouleversé...

(Regardant Heolor.) Eh maiS ! Ct VOUS aUSSi?... HECTOR, à part.

Je n'ai pas une goutte de sang dans les veines.

M. DE SAIIST-GÉRAN.

La même physionomie...

HECTOR, balbutiant.

Je... je l'aime tant, ce... cher Emmerie... que... que tout ce qu'il éprouve...

M. DE SAIJNT-GÉRAN , riant.

Je conçois cela!... Oreste et Pylade n'avaient qu'un cœur... mais pas la même figure... et la vôtre est impayable...

HECTOR

Vous êtes bien bon ! (a paît.) Je ne sais plus ce que je dis.

M. DE SAINT-GÉRAN

Venons à notre procès... car vous êtes de bon conseil... et vous avez, surtout en affaires, une clarté et une lucidité... dont j'ai été charmé. Voici les papiers... dont je vous ai parlé. (.Moiurai.t la table à gauciie.) Nous allous, sl VOUS lo voulcz bicu, Ics exauiincr

ensemble. (U traverse le théHlre et va s'asseoir à la table à gauclie, en face d'Hiclor.) HECTOR, pendant ce temps, à part, à droite au bord du Ibéàlre.)

Cet homme si terrible!... Si cela se découvre... Emmerie... et moi, peut-être, qui aurai été complice de celte trahison...

M. DE SAINT-GÉRAN, assis à la table et l'apptlant.

Quand vous voudrez...

HECTOR

Oui, monsieur le comte... (ll va s'asseoir vis-à-vis de lui)

M. DE SAINT-GliaAN.

Voici primo les papiers qui établissent notre parenté... et nos droits à la succession...

HECTOR, toujours troublé.

Oui, Monsieur... Vous dites une succession?...

M. DE SAINT-GÉRAN

Dont je lous ai parlé... celle de notre oncle, décédé sans enfants à la Martinique... Toncle de ma femme.

HECTOR

De votre femme... (s'oubiiaut maigre lui.) Ah ! si je l'avais su...

M. DE SAINT-GÉRAN

Quoi donc?

HECTOR, cherchant à se reraellie.

Que voire oncle de la Martinique fiit décédé sans enfants...

M. DE SAINT-GÉRAN

Mais VOUS le saviez... Je vous l'ai expliqué... et, d'après les pièces... vous voyez que notre grand-oncle...

HECTOR

Celui de la Martinique?..

M. DE SAINT-GÉRAN

Non... Son père avait épousé une Saint-Dizier, également notre grand'tante... de sorte que, des deux côtés, l'héritage devait nous revenir... puisque c'était la tante de ma femme. Et, d'après l'ordre généalogique... notre grand-oncle... vous comprenez...

HECTOR, avec trouble, et vivement.

Je comprends... je comprends... à merveille... votre grandoncle était... sa tante...

M. DE SAINT-GÉRAN, partant d'un éclat de rire.

Qu'est-ce que vous me dites là?

HECTOR

Pardon! pardon!... (a part.) Dieu ! quel tort je me fais!... (Haut.) Je vous avoue que j'ai une migraine... un mal de tète... qui m'empêche... de voir... et de comprendre.

M. DE SAINT-GÉRAN

En effet .. votre main est glacée.

HECTOR

Et ma tète brûlante.

M. DE SAINT-GÉRAN

C'est à moi de vous demander excuse... de vous avoir parlé

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