SCÈNE VII
HECTOR, M. DE SAINT-GÉRAN
M. DE SAINT-GÉRAN, qui vient de reconduire Emmerie.
Pauvre jeune homme! il en est réellement tout bouleversé...
(Regardant Heolor.) Eh maiS ! Ct VOUS aUSSi?... HECTOR, à part.
Je n'ai pas une goutte de sang dans les veines.
M. DE SAIIST-GÉRAN.
La même physionomie...
HECTOR, balbutiant.
Je... je l'aime tant, ce... cher Emmerie... que... que tout ce qu'il éprouve...
M. DE SAIJNT-GÉRAN , riant.
Je conçois cela!... Oreste et Pylade n'avaient qu'un cœur... mais pas la même figure... et la vôtre est impayable...
HECTOR
Vous êtes bien bon ! (a paît.) Je ne sais plus ce que je dis.
M. DE SAINT-GÉRAN
Venons à notre procès... car vous êtes de bon conseil... et vous avez, surtout en affaires, une clarté et une lucidité... dont j'ai été charmé. Voici les papiers... dont je vous ai parlé. (.Moiurai.t la table à gauciie.) Nous allous, sl VOUS lo voulcz bicu, Ics exauiincr
ensemble. (U traverse le théHlre et va s'asseoir à la table à gauclie, en face d'Hiclor.) HECTOR, pendant ce temps, à part, à droite au bord du Ibéàlre.)
Cet homme si terrible!... Si cela se découvre... Emmerie... et moi, peut-être, qui aurai été complice de celte trahison...
M. DE SAINT-GÉRAN, assis à la table et l'apptlant.
Quand vous voudrez...
HECTOR
Oui, monsieur le comte... (ll va s'asseoir vis-à-vis de lui)
M. DE SAINT-GliaAN.
Voici primo les papiers qui établissent notre parenté... et nos droits à la succession...
HECTOR, toujours troublé.
Oui, Monsieur... Vous dites une succession?...
M. DE SAINT-GÉRAN
Dont je lous ai parlé... celle de notre oncle, décédé sans enfants à la Martinique... Toncle de ma femme.
HECTOR
De votre femme... (s'oubiiaut maigre lui.) Ah ! si je l'avais su...
M. DE SAINT-GÉRAN
Quoi donc?
HECTOR, cherchant à se reraellie.
Que voire oncle de la Martinique fiit décédé sans enfants...
M. DE SAINT-GÉRAN
Mais VOUS le saviez... Je vous l'ai expliqué... et, d'après les pièces... vous voyez que notre grand-oncle...
HECTOR
Celui de la Martinique?..
M. DE SAINT-GÉRAN
Non... Son père avait épousé une Saint-Dizier, également notre grand'tante... de sorte que, des deux côtés, l'héritage devait nous revenir... puisque c'était la tante de ma femme. Et, d'après l'ordre généalogique... notre grand-oncle... vous comprenez...
HECTOR, avec trouble, et vivement.
Je comprends... je comprends... à merveille... votre grandoncle était... sa tante...
M. DE SAINT-GÉRAN, partant d'un éclat de rire.
Qu'est-ce que vous me dites là?
HECTOR
Pardon! pardon!... (a part.) Dieu ! quel tort je me fais!... (Haut.) Je vous avoue que j'ai une migraine... un mal de tète... qui m'empêche... de voir... et de comprendre.
M. DE SAINT-GÉRAN
En effet .. votre main est glacée.
HECTOR
Et ma tète brûlante.
M. DE SAINT-GÉRAN
C'est à moi de vous demander excuse... de vous avoir parlé