‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 4)Chapitre 220 sur 330 · SCÈNE Vlll · texte numérisé non relu

SCÈNE Vlll

M. DE SAINT-GÉRAN, LOUISE, entrant vivement, HECTOR. LOUISE , à M. de Siinl-G'?i an.

Ah! iMonsieur... que je vous fasse part de la plus heureuse rencontre...

M. DE SAlNT-GÉRAN, l'interrompant.

M. Hector Ballandanl, notre avoué... notre ami... que j'ai

l'honneur de vous présenter. (Louise fait à Hector une profonde révérence.) HECTOR, à part.

Dieu! quelle est belle!... (S'interrompani.) C'est égal, à ce prix-là j'aime mieux ne pas la regarder.

M. DE SAINT-GF.RAN, souriant.

Un homme de talent... quand il n'a pas mal à la tête...

HECTOR, cherchant à sourire.

C'est vrai... J'y suis très-sujet... (s'arrêtant.) Qu'est-ce que je dis là...

M. DE SAlNT-GÉRAN, à Hector.

Trop de modestie... (a Louise.) Je me suis permis de lui offrir pour demain, et sans vous consulter, une place dans votre loge à l'Opéra.

LOUISE, de l'air le plus aimable.

Vous étiez siir d'avance de mon aveu et de mes remerciements...

M. DE SAlNT-GÉRAN.

Il y viendra avec Emmeric d'Albret, son ami... qui vient de nous le promettre.

LOUISE, fait un geste de juie, se reprend et dit froidemeit.

C'est fort bien à lui... et j'en suis charmée.

M. DE SAINT-GKRAN, souriant.

Cest-à-dire que cela vous contrarie.

LOUISE, fioiaciiienl.

Nullement !

M. DE SAINT-GÉRAN

Mon Dieu !... je le vois... je vous connais...

LOUISE

Vous vous trompez!

HECTOR, à part et se détournant.

J'ai peur que dans mes yeux ils ne s'aperçoivent...

LOUISE

Et la preuve... c'est que vous aurez, Monsieur, d'après vos désirs... de bonnes nouvelles à lui annoncer...

M. DE SAiNT-GÉRAN.

Comment cela?

LOUISE, vivement et avec joie.

Ah! c'est un hasard unique... impayable... mais aujourd'hui j'ai du bonheur... tout me réussit.

HECTOR, à part.

Ce n'est pas comme à moi I

LOUISE

J'allais sortir pour une visite que vous m'aviez prié de faire, lorsqu'une voiture entre dans la cour de l'hôtel... Je voulais déjà faire dire que je n'y étais pas... et l'on m'annonce... vous ne le devineriez jamais... mon oncle...

HECTOR, vivement et à part.

Celui de la Marti... (S'arrêiant.) Qu'est-ce que je dis?... il est mort...

LOUISE

Ce cher oncle !... qui m'aime tant et que je ne vois jamais !... C'est tout naturel... quand on est ministre... on n'a pas le temps d'avoir une famille ou des amis... on se doit tout entier...

M. DE SAIIST-GÉRAiN, froidement.

A ses ennemis !

LOUISE, gaiement.

Comme vous dites... Monsieur... J'ai sur-le-champ songé à ma pétition ou plutôt à la vôtre... et avec le sourire le plus gracieux... le ministre a daigné me répondre que c'était une per.-<onne de talent, ce qui est vrai, à qui il avait déjà pensé... ce qui n'était peut-être pas vrai... et il n'en a que plus de mérite...

M. DE SAINT-GÉRAN

C st donc accordé?...

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