ACTE II, SCÈNE VIII
LOUISE, gaiement.
Eli ! oui, Monsieur...
M. DE SAI^T-CKRAN, rassiinl f^c, d'Heclor.
Vous l'cntetidez? Emmeric, votre ami, a la croix crFioniieui*...
HECTOR, balbutiant.
J'en suis ravi!
M. DE SAINT-GÉRAN, souriant.
Vous ne serez pas le seul... il y a quelques personnes de par le monde à qui cette nouvelle fera encore plus de plaisir.
LOUISE
A qui donc?
M. DE SAINT-GERAN, à demi- voix et i l'or«ille de sa femme,
A son beau-père et à sa prétendue...
LOUISE, jlupéfaile.
Son beau-père !
M. DE SAINT-GÉRA!N, de même et gait-ment.
Eh! oui... c'est là Taffaire dont nous nous occupions... et dont il ne fallait pas parler avant qu'elle ne fût certaine... elle Test maintenant... De cette faveur, de cette justice, déiiendait son mariage... et c'est à vous qu'il le devra... (a Hector.) Aussi, et comme les bonnes nouvelles n'arrivent jamais trop tôt... je m'empresse d'annoncer celle-ci à son beau-père.
LOUISE, à part.
Et sa visite de ce matin... ses détours... son erjt^Jrras... Ali!
quelle fausseté! (Louise est de'out ^ eaiche du (liéâre, M. de Sainl-Gcr&r, après avoir repris sur la table à gauche les pipiers qu'il y ava.l laissés, entre dans le cabinet à giuclie dont la pi.rte reste ouverte. Hector reiuoiite le lliéâtre et gagne doucement la porte du fond. Louise se retourne et l'aperçoit )
LOUISE, cachant son trouble et affeelant un air gracieux.
Monsieur... monsieur Ballandard...
HECTOR, revenant près d'elle cl redescendant à gauche.
Madame la comtesse!... (a part et la regardant) Dieu! comme elle tremble!... et moi aussi!...
LOUISE, affectant de sourire.
Il s'agit donc d'un mariage pour M. Enmieric d'Albret?...
HECTOR, lui répondant avec trouble, et regar^Jant loujours ilu eolé du cabinet à giuche.
Mais, oui... du moins il en est question... on en parle vaguement.
LOUISE, cherchant à se contraindre.
Ah!... Avec qui?
2(i4 UNE CHAINE.
HECTOR, Lai,sii.lla»oii.
Je ne sais ., je l'ignore.
LOUISE
Vous, son ami intime?...
HECTOR
Il est très-discret, très-caché... il ne dit rien.
LOUISE, avec plus d'émotion.
Le nom, la demeure de son beau-père, de sa prétendue?..,
HECTOR
Je ne m'en doute même pas. (M. de Sainl-Géian rentre dans ce moment, lerijiit une liillre à la laain.)
M. DE SAINT-GÉRAN
Voici mon message à la famille... et je vais envoyer... (Louise
va à la table à droite et sonne. Paraît au fond du tliéâlre un domestique en livrée.) LOUISE, triTcrsant le théâtre, prenant la lettre des mains de son mari, et s'adressant au domestique.
Julien!... vous porterez cette lettre, (jetant les yeux sur l'adresse qu'elle
lit en tremblant.) A... M. Clt^rambeau... négociant... hôtel de Castille... boulevard des Italiens.
M. DE SAlNT-GÉRAN, au domestique.
Sur-le-champ !... car, à cette heure, toute la famille doit être rassemblée !
LOUISE, sur le devant du lliéAtre et avec résolution.
Tant mieux!... (au domestique.) Julien, mes chevaux.
HECTOR, à part.
Bonté divine! tout est pei'du! (Le domestique sort parie fond. M. de Saiiit-Géran et sa femme par la gauche. Hector les salue et sort vivement par le fond.