‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 4)Chapitre 234 sur 330 · AI.INE · texte numérisé non relu

AI.INE

C'est notre devoir à nous autres; mais... quand je tirndrai noire ménao^c, ce sera bien mieux encore. (Moniram le saio.> à gauciie.) Je rentre. Et vous aussi, n'est-ce pas?... On pourrait penser que je reste ici pour causer avec vous. C'est peut-3lre vrai...(s'enfny:i.ii.) Adieu, Monsieur! (Se f.appant le front.) Ail! mon Dieu!... moi, à qui vous supposez une si bonne tète... Un petit billet que j'oubliais... et que votre groom vient de descendre pour vous.

EMMERlC, prenant la lettre en regardant Aline.

Merci, ma cousine, merci, (jetant les yeux sur ivcriiure.) 0 ciel!

(Il traverse vivement le tliéâtre. Aline, pendant ce temps, s'est retournie vers deux domestiques qui vie nent d'entrer parla porte du fond, portant des plateaux de rafraicliisse-

meuts) Vous, daus le grand salon, (a un autre domestique.) Vous, dans la chambre de mon père et dans le boudoir... Et les tables de jeu à organiser... (a Emmeric.) Vous venez, n'est-il pas vrai?

EJIMERIC, troublé.

Oui... oui... Je vous suis... (Elle sort par la porte k droite, celle da boudoir, au momer.t où rentre Hector par la porle à gauche, celle du salon.)

HECTOR, vivement.

Une glace!... une glace!... pour mademoiselle Victoria.

(Levant les yeui et apercevant Emmeric, qui est près de la tsble à gauche.) Eli bicil !

il chancelle!... il se trouve mal!... Est-ce l'excès du bonheur? (Courant à lui.) IMou ami!...

EMMERIC, vivement.

Tais-toi... tais-toi...

HECTOR

Qn'as-tu donc?

EMMEKIC.

C'est d'elle... c'est de la comtesse... Tiens, lis.

HECTOR, lisâTit.

«Mon mari a tout découvert... Il sait tout! » (Tremblant) Ah! je n'ai pas la force d'achever.

EMMERIC, lui prenant le billet.

« Je n'ai plus que vous seul au minde pour me défendre ou me donner conseil. Je suis chez vous... je vous attends. »

HECTOR, avec c.dère.

Qu'est-ce que je te disais? Ça ne finira pas... ça ne finira jamais.

2cS0 UNE CHAINE.

EMMKRIC, ivec désespoir.

Et au moment le plus heureux de ma vie! Adieu, mon ami... adieu!

Est-ce que tu iras près d'elle ?

EMMERIC.

Et le moyen d'hésiter sans être un infâme! C'est pour moi... c'est par moi... qu'elle a tout perdu, son rang, sa fortune, sa réputation. Et puis, n'y a-t-il pas un homme d'honneur que j'ai offensé et outragé ?

HECTOR

Ah! ne me dis pas cela.

EMMERIC.

Et demain, sans doute... C'est juste... ma vie lui appartient... et j'irai la lui offrir.

HECTOR, hors de lui.

Tu n'iras pas!

EMMERIC.

Silence!... et calme-toi ! Tâchons de conserver quelque sangfroid. Songeons d'abord à cette malheureuse femme... à son départ... à sa fuite... 11 faut de l'argent, et beaucoup... Je n'en ai pas!...

HECTOR

Qu'importe? puisque j'en ai...

EMMERIC

Et dès qu'elle sera en sûreté... Viens!.,, partons!... (s'arrêiant.) Mais mon oncle... mais ma cousine?...

HECTijR, remontant à gauche vers le salon.

Et tout ce monde qui est invité !... et ce contrat que Ton va signer !

EMMERIC, qui a passé à droite.

Impossible!... je refuserai ! Mais être témoin de la douleur d'Aline, de son dé.sespoir... des reproches de son père et d'un pareil éclat... Non... non... je n'en ai pas la force! Qu'ils ne sachent rien ce soir... Demain, seulement... demain, tu viendras... tu leur apprendras tout quand je serai tué...

HECTOR

Que dis-tu ?

EMMERIC, froidement.

Est-ce que cela peut être autrement?

HECTOR, hors de lui.

Tué !... tué!... Je ne le veux pas.

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