SCÈNE IV
CLÉRAMBEAU, EMi^lERIG.
CLÉRAMBEAU.
Vous aviez voulu que ce fût vous et non pas moi !... et je le piéférais... car, moi, elle eût été capable de ne pas me croire... Vous vous étiez chargé d'apprendre à ma fille que vous ne l'aimiez plus, que vous en aimiez une autre, et, malgré votre parole...
Demandez-moi des serments que Hionneur puisse tenir et qui ne m'obligent pas au mensonge... Je vous répète que je n'aime au monde que ma cousine, que tout est rompu avec madame de Saint-Géran... que c'est malgré moi qu'elle est venue ici.
CLÉBAHCEAU.
Et c'est malgré vous qu'après votre mai'iagc elle fera le malheur de ma filîe...
KMMERIC.
Jamais! elle s'abusait... Elle a pris pour de l'amour ce départ... ce sacrifice qui faisait mon malheur... Mais, maintenant, qu'elle est à l'abri du danger, je ne la reverrai plus... Rien ne changera ma résolution.
CLÉRAMBEAU.
Qu'en savez-vous"?... vous n'étiez pas là tantôt... lorsque, fondant en larmes, elle s'est jetée à mes pieds... et moi, voyant cette pauvre femme, pâle... si jeune, si malheureuse. ..etsibelle... je me sentais ému et attendri... je n'avais plus la force de lui en vouloir... je crois même que je lui ai pardonné... moi. Monsieur, moi, qui ai soixante ans, et vous en avez vingt-cinq!