ACTE m, SCÈNE VI
ou étoiirdorio... n'iniiiortO;, oUo n'a que ce qu'elle mérite... Dés qu'une tVnnne fait parler d'elle, elle est dans son tort... de ce côtc-ià, je suis sanspitié. Est-ce qu'on a jamais rien ditde moi?...
CÉCILE
Non, sans doute.
MADAME DE SAVENAÏ
Pourquoi?... parce qu'il n'y avait rien; où il n'y a rien, le monde i)erd se? droits, car je le répéterai sans cesse, au fond de tous les jugements humains, il y a toujours quelque chose!... n'est-ce pas, monsieur Lucien?... Eh ! mon Dieu! qu'avez-vous donc?... comme vous voilà pâle et troublé...
LUCIEN, passant entre les deux fenimej.
J'en conviens, mais c'est de colère et d'indignation, car moi aussi je connais la jeune personne dont vous parliez tout à l'heure...
MADAME DE SAVENaY, souriant.
Ah ! la demoiselle aux quatre inclinations...
LUCIEN
Oui, Madame, et je cherche en vain à m'expliqucr qui a pu donner lieu à d'aussi absurdes suppositions!...
CECILE, yiteinent et sautant de joie.
Elle n'est donc pas coupable? Ah!... que vous me faites plaisir!... (A madame de Savenay.) YOUS VOVCZ, JC m'cU doUtais d'avaUCe...
parlez, Monsieur^ contez-nous cela!... vous la connaissez donc?
LUCIEN, avcc trouble.
Oui, sans doute, et beaucoup.
MADAME DE SAVENAY, sèchement.
Je ne vous en fais pas mon compliment.
LUCIEN, avec émolion.
J'ajouterai que vous. Madame, vous pouvez l'apprécier encore mieux que moi, car elle est de votre société intime...
MADAME DE SAVENAY
Est -il possible?...
CECILE, naîvcnienl.
Alors, et moi aussi, je la connais donc? (Avec joie.) Dieu, i]ue je suis contente de l'avoir défendue!... car de toutes mes amies de pension, il n'en est pas une, grâce au ciel, de qui un pareil roupcon puisse seulemciii approcher..; son nom, Monsieur... son nom?
LUCIEN
Oui, vous le saurez,., oui, (juelque coup que je puisse vous
porter, je dois tout vous dire, ne fût-ce que pour chercher avec vous^ et la cause de ces outrages, et les moyens de les punir.
MADAME DE SAVKNAY.
Parlez donc!
CÉCILE
Parlez... celte jeune fille si indignement accusée...
LUCIEN
C'est vous!...
CECILE, poussant un cri et passant près de madame de Savenay.
Moi!... moi! grand dieu!...
MADAME DE SAVEÎSAY, avec iiullgnalion.
Une personne qui est sous mon égide et ma protection... on CSC l'attaquer... on ose avoir besoin de la défendre!...
CECILE, lui prenant les maini.
Ah! que je vous remercie!...
LUCIEN
Oui, je pense comme vous; oui, sa vue seule devrait réduire SCS ennemis au silence... et cependant, ni vous, ni moi, ne pouvons empêcher les bruits les plus injurieux, les plus invraisemblables de se glisser dans l'ombre et de .se répandre...
MADAME DE SAVENAY
Et comment?... et par qui?
Oui, Monsieur, achevez... je puis, je veux tout entendre* ce droit de défense que je réclamais pour un autre, on ne me le refusera pas, à moi, je l'espère; et pour me défendre, il faut au moins connaître ceux qui m'accusent... Et d'abord, ces personnes qui m'aimaient... non, vous avez dit mieux, que j'ai aimées... quelles sont-elles?
LUCIEN
Je l'ignore!... mais à qm^lques mots que j'ai entendus, là, au salon, où j'écoutais incognito; à quelques railleries, que j'ai cru comprendre... (a céciie.) et que m'a répétées madame de Giiilicrt, la malignité s'exerçait sur la reconnai?.sance et sur l'amitié bien naturelles que vous portez à votre tuteur.
MADAME DE SAVENAY
Là... je vous l'ai toujours dit!., vous en parlez sans cesse avec un enthousiasme, une exultation!... ce matin encore, ici, quand tout le monde l'attaquait, vous avez pris hautement la parole, vous vous êtes posée son avocat...