SCÈNE IV
Lucien, qui est entré lentement et d'un air sombre ; RAYMOND. RAYMOND.
Eh bien! tu voulais me parler ce matin avant mon départ... j'ai moi-même à causer avec toi... Eh! mon Dieu! quel air sombre et menaçant... qu'as-tu donc?...
LUCIEN
Ce que j'ai... tu me le demandes? Ils disent tous, (Montrant u porte à droite.) ct d'ici tu pcux les entendre, que tu t'es joué de moi, que lu m'as trompé, abusé...
RAYMOND, riant avec ironie.
En vérité?
LUCIEN
Que lu as voulu me rendre la fable de tous, m'avilir, et qu'alors je dois t'en demander compte et me battre avec loi... voilà ce qu'ils disent!
RAYMOND
A merveille! on a toujours le temps de se battre, on n'a pas toujours celui de parler raison, et puisque nous sommes seuls, expliquons-nous. Qu'as-tu à me reprocher? je ne sais rien! je n'ai vu encore que Cécile, qui, elle-même, ignore sur quelles preuves, sur quels témoignages on la condamne ; faurais pu demander, interroger... les nouvelles ne m'auraient pas manqué... mais tronquées, dénaturées, et surtout amplifiées et embellies...