‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 14 sur 255 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

NÉRILHA, CADIGE et GULNARE, entrant par le fond. ^ÉR1LHA, étonnée, et à part.

Cadige!... Gulnarel... Elles sont entrées... et moi, je no peux pas sortir!...

GULNARE, à Néiilha.

Eh bien ! nous voilà.

CADIGE, de même.

Nous venons te chercher... Est-ce que Xaïloun ne t'a pas prévenue de notre part?

NÉRILHA, avec embarras.

Si vraiment... (a part.) Mais leur avouer que je suis retcnut^. ici prisonnière... quelle humiliation!

CADIGE.

Ce sera si amusant 1

GULNARE^ avec prote?tion.

C'est pour cela que nous avons pensé à toi... parce que, ma pauvre Néiilha, quoique tu ne sois qu'une esclave, nous ne sommes pas iîères, nous autres !...

Je vous remercie bien... mais je ne peux pas... ne connaissant pas les personnes...

GDLNARE.

Dès que tu es avec nous, cela suffit !

CADIGE.

C'est un grand seigneur, qui donne chez lui, ce soir, une collation... des sorbets et de la musique, dans un pavillon environné de roses...

SÉRILHa, ayec joie.

Des roses !

CADIGE.

Toute une prairie î

NÉRILHA.

Ah! que vous êtes heureuses!... Et comment connaissezvous ce seigneur-là?...

CADIGE.

Ce n'est pas moi, c'est Gulnare.

GLLNARE, d'un air de suffisance.

Oui, ma chère... un seigneur étranger qui voyageait incognito... et qui ne voyage plus depuis qu'il m'a vue... 11 vient pour moi depuis huit joiu's, tous les matins, à la fontaine des Palmiers !

CADIGE.

Où elle travaille comme lavandière.

GULNARE, vivement.

Ce à quoi il ne voulait pas croire. 11 me prenait pour \ine houri déguisée... il me l'a dit... et avant son départ... il veut m'épouser... il me la promis... Tu vois donc que tu peux venir avec nous à ce pavillon... j'y suis comme chez moi 1

NERILHA.

Impossible! je suis retenue ici prisonnière!

CADIGE.

Toutes les portes sont ouvertes.

NÉRILHA.

C'est égal! Le seigneur Atalmuc, mon maître, qui est sorcier de son état, a trouvé un moyen de me retenir en plein

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