‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 15 sur 255 · ACTE I, SCÈXE VI. l · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈXE VI. l

air... \m filet invisible, qui arrête mes pas et m'empêche d'aller plus loin!

GULNARE

Voilà une indignité!

CADIGE.

Voilà un abus!

GULNARE, avec exaltation.

Dieu ! si l'on m'enfermait !

INÉKILHA.

Et tout cela, sous prétexte qu'il m'aime !

GULNARE

11 t'aime?... Ah bien! alors, à ta place, moi, je lui apprendrais...

Lui en apprendre, à lui ! Et comment cela?

CADIGE.

En prenant un amoureux.

NÉRILHA, uaïveraent.

Un amoureux?

GULNARE

Pour le moins !

CADIGE.

Tout le monde en a, excepté toi.

GULNARE, à Nérilha.

Et s'il ne faut que t'en prêter...

NÉRILHA.

Je ne demande pas mieux... car, sans cela, où voulez-vous que j'en trouve?... Je ne vois jamais personne... Ah! si, Xaïloun ! . . .

CADIGE, vivement.

Un instant... il m'appartient... je l'ai retenu... et quoiqu'il soit bien un peu volage, mon rêve, à moi, c'est que je l'aimerai tant, qu'il finira par ni'aimer... et puis, quand on y est, il n'en coûte j'ien de former des souhaits... et j'imagine quelquel fois qu'un prince, ou une princesse, me prendra en aflection, me donnera pour Xaïloun la place d'intendant général des jardins, et que je la lui offrirai en dot?

GULNARE, d'un air dédaigneux.

Que cela?

CADIGE.

Avec ma main.

46 LA FÉE AUX nOSE>.

GULNARE, de même.

Ah! c'est trop peu de chose!.. Mes souhaits, à moi, sont plus élevés... je me persuade parfois que je suis une princesse inconnue, dont la naissance cachée Unira par se découvrir...

CADIGE.

Très-bien !

GULNARE

J'épouse le sultan des Indes, qui me fait paitager son empire. J'entre avec lui dans ma capitale, au son des trompettes, des cris de joie et d'amour, dans un palanquin cramoisi, brodé en perles... une couronne d'or sur la tête... des babouches eu diamants, et deux petits nègres ornés d'éventails, pour me chasser les mouches... Voilà, mes amies, comment je compte entrer dans mon palais !...

CADIGE.

Cela se trouve à merveille!... Tu m'y donneras une place à moi et àXaïIoun...

CULKARE

Voilà déjà les solliciteurs et les courtisans !

CADIGE.

Oh! tu me la donneras, n'est-ce pas?...

GULNARE

Sois donc tranquille... je ne suis pas fière... je ne t'oublierai pas !

Eh bien! moi, mes amies... je forme des souhaits plus doux encore... Je rêve souvent que je suis transportée dans un séjour ravissant... où de toutes parts les yeux charmés n aperçoivent que des roses... des roses toujours fraîches... qui ne se fanent jamais !

GULNARE ET CADIGE.

Et puis?

NÉRILHA.

Un royaume de roses, dont je suis la reine!

GULNARE ET CADIGE.

Et puis?

NÉRILHA.

Et puis... voilà tout!

GULNARE

Obligée d'admirer tes fleurs?

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