SCÈNE X. dSS
Puisqu'elle ne sait rien!
(Palomita, qui s'est mise à pleurer à la fin de cet ensemble, tire un mouchoir de sa poche pour essuyer ses yeux, et laisse tomber à terre une clé.)
VELASQL'EZ, la ramassant vivemeuf.
Une clé fie sa poche est tombée!
PALOMlTAj voulant la lui reprendre des mains Ah! de grâce!..
VELASQUEZ, la regardant Et pareille à la mienne!
PALOSIITA, à part.
0 ciel!
VELASQUEZ
Eh! oui, vraiment!
^Comparant les deux clés.) est celle de la porte basse PERDICAN, vivement.
Qui donne sur la vieille place.
Et par laquelle on entre en son appartement. (Se retournant vers Palomita d'un air menaçant.
El cette clé?.,.
PALOMITA, tremblante.
Mon maître!
PERDICAN, avec colère.
Ah! tu la possédais!
PALOMITA, de même.
Par hasard.
VELASQUEZ
Et je l'ignorais!
Tout ce qu'on racontait n'est donc pas calomnie! PALOMITA, avec indignation.
Qu'osez-vous dire?
VELASQUEZ, avec jalousie.
0 comble d'infamie!
PERDICAN, de même.
Cet homme qui, la nuit, chez vous s'introduisait... TOUS DEUX.
C'était par là!
PALOMITA.
Messieurs!...
\H\ LA niANTEUSE VfiTLÉE.
(a part.) Ah! de moi c'en est fait!
PEni)!CAN, avec indignation.
El inoij moi ([ui voulais l'épouser... en personne...
VEI.ASQLi:Z, de même. .Moi, f(ui l'idolâtrais ainsi cpj'une m.idone. Et qui, las de combattre un ascendant vainqueur, Voulais dans mon amour...
PALOMITA, poussant un cri de joie.
Qu'entends-je!
VELASQUEZ
Ou ma folie Lui donner et ma main et mon cœur et ma vie!
PALOMITA, à part.
-Ah! je me sens mourir de joie et de bonheur! (Elle fait un pas vers Velasquez, qui s'éloigne d'elle ainsi que Perdican.) ENSEMBLE.
PALOMITA, à part, gaiement.
0 fureur (pii m'enchante!
0 colère enivrante!
Trop heureuse servante.
Le ciel comble mes vœux!
Doux rêve, dont l'ivres.se Me charmera sans cesse.
Gomme dame et maîtresse.
Je reste dans ces lieux!
VELASQUEZ
Infidèle servante!
Et perfide et méchante!
Et dont l'audace augmente Mes transports furieux; De ma lâche faihicsse.
Tu te jouais sans cesse!
Plus d'amour, de tendresse :
Va-t'en! sors de ces lieux!
PEnOtCAN.
0 perfide servante, Que j'ai crue innocente!
Ah! cette iilée auL-mcnle Mes transports fin iru\!
Un autre a sa tendresse.
Ah! c'est trop de faiblesse,
scÈ.NE xir. 183
Je sors de mon ivresse,
Va-t'en! sors de ces lieux!
(Palomita. poursuivie par les menaces de Velasqucz et de Perdican, s'élance dans la chambre à gauche, au moment où l'on entend de nouveau grunder les cris et la colère du peuple.)