ACTE II, SCÈNE IV
PEPINELLI, lui offrant uu flacon de sels.
Eh! oui, signora, parlez donc:..
LA MARCHESA
Sous prétexte de l'avertir que le bal était commencé, je me suis élancée intrépidement près du gouverneiu"... qui, d'une voix terrible, s'est écrié : «J'ai défendu que personne entrât... dans mon cabinet; sortez, ma nièce, sortez... je vous rejoins dans l'instant..» et par un procédé dont les oncles seuls sont capables, la porte s'était déjà refermée sur moi... mais d'un œû rapide... j'avais eu le temps de voir...
TOUTES
Eh bien?
PEPINELLI .
Eh bien! Spada?
LA MARCHESA, à Pepinelli et au baron.
Ah! voilà, Messieurs... (a Angeia.) Voilà, ma chère, ce que vous ne croirez jamais... ce beau... cet élégant cavalier que nous avons rencontré hier... chez M. le baron de Torrida, votre père...
ANGELA, tremblante.
Ah! mon Dieu... achevez?
LA MARCHESA
C'était lui...
ANGELA, pousse un cri étouffé et se jette dans les bra« de son père.
Ah!
MORCEAU d'ensemble.
LE BARON, serrant sa fille contre son cœur. Tais-toi! tais-toi, ma chère!
ANGELA, à demi voix, et avec force.
Ah ! je ne l'aime plus î rassurez-vous mon père! Je sens à mon amoor succéder le mépris! LE BARON, avec douleur.
Le mépris! le mépris! ..
(cachant sa tête dans ses mains.) Malheureux que je suis!
ENSEMBLE
LE BARON, à part.
Ail! que toujours ma fille ignore Et mon destin el mon malheur!
Sinon, ce père qu'elle adore Deviendrait un objet d'horreur 1
ANGELA
Ah! qu'à jamais le monde ignore Ma honte ainsi que ma douleur.
C'est à celui seul que j'honore Que doit appartenir mon cœur!