‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 206 sur 255 · TOUTES LES FEMMES · texte numérisé non relu

TOUTES LES FEMMES

D'avance je frissonne!

Parait le gouverneur, donnant le bras à Federici. TOUS, à voii basse.

Mais quel étrange événement!

Quoi! le gouverneur, en personne.

Donnant le bras à ce brigand !

LE GOUVERNEUR, s'avançant au milieu du théâtre. Venez tous prendre part au bonheur qui m'enchante. Et permettez. Messieurs, qu'ici je vous présente Ce noble cavalier!...

TOUS

Grand Dieu!

LE GOUVERNEUR

Qui depuis son enfance, absent de l'Italie, Ri.'voit enfin ses parents, sa patrie ! Federici, mon neveu!

TOUS

Son neveu!

LA MARCHESA

Que j'avais méconnu!... que j'avais offensé! (Courant à lui.) Lui! mon cousin!... mon noble fiancé!

l.i: BARON ET ANGELA.

Son fiancé!...

AGTJÎ 11;, riCÈNK V. 233

PF.P1NELLI, avec colère.

Qu'exprès Satan vient ramener (Hontraiit la Marchesa.) Pour l'épouser et me faire damner!

ENSEMBLE, mouvement vif et animé.

LE BARON

Désormais, plus de clémence!

Qu'ils redoutent ma vengeance! Ils étaient en ma puissance, Et je les épargnai tous!

Trahison et perfidie!

Par lui ma fille est trahie.

Et c'est trop peu de sa vie Pour apaiser mon courroux!

PEPINELLI.

Au-devant de la vengeance, Mon cœur irrité s'élance.

Après trois ans de constance.

Il deviendrait son époux !

0 comble de perfidie!

Elle me serait ravie!

Qu'elle craigne la furie De ce cœur fier et jaloux !

LE GOUVERNEUR, LA MARCHESA ET LE CHOEUR, regardant Federici. Après une longue absence.

Bientôt, j'en ai l'espérance.

Une brillante alliance Le retiendra parmi nous !

Oui, que désormais sa vie S'écoule dans sa patrie!

Que d'une femme chérie Il devienne ici l'époux!

ANGELA

Plus d'amour, plus d'espérance!

Lorsque, dans ma confiance.

Je croyais à sa constance, D'une autre il devient l'épouxl 0 comble de perfidie !

Ah ! c'en est fait de ma vie.

Qui, par le malheur flétrie.

Se brise, hélas! sous ses coups!

234 MARCO tiPADA.

FEDERICI

0 beau rêves d'espér.ince!

En l'amour j'ai confiance'.

Je romiirai cette alliance Pour former un nœud plus doux!

Oui, que désormais ma vie A la sienne soit unie...

Et qu'ici sa voix chérie Me nomme enfin son époux !

(S'approchant d'Angeia qu'il salue.) Oserais-je implorer l'honneur De la prochaine contredanse?

ANGELA, froidement.

L'on vient de m'engager, Monsieur.

FEDERICI

Ah ! quel malheur!

Mais j'y mettrai de la persévérance!

Et la suivante...

ANGELA, de même.

Je ne peuxl Je suis fatiguée, et je veux Me retirer de bonne heure!

(Au barou qui est près d'elle.)

Oui, mon père.

Parlons, je vous en prie!

LE BARO.N, virement.

Ah! de grand cœur, ma chère!

ANGELA

Dans ce bal, tout me blesse et tout m'est odieux!

ENSEMBLE

LE BARON

Désormais, plus de clémence !

Qu'ils redoutent ma vengeance!

Ils étaient en ma puissance.

Et je les épargnai tous!

Trahison et perfidie!

Par lui, ma fille est trahie.

Et c'est trop peu de sa vie Pour ai)ai<er mon courroux!

Au-devant de la vengeance, Mon cœur irrilé s'élance

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