ACTE I, SCÈNE VIII
NÉRILHA.
Comme vous voudi'ez... je vous en aimerai un peu moins, voilà tout !
ATALMUC.
Est-il possible!
KÉRILHA.
Ah! cela commence déjà! Et puisque votre art (vous me le disiez ce matin) ne peut pas commander à l'amour... si j'étais de vous, j'en demanderais le moyen à d'autres...
ATALMtC.
Et quel est ce moyen.., quel est-il?
WÉRILHA.
Dam! s'il faut que ce soit moi qui vous l'apprenne...
ATALMl'C.
Achève!...
NÉRILHA.
Je ne sais pas au juste!... mais si j'avais un amoureux qui fût riche ou pauvre, je voudrais partager sa fortune ou sa misère... par ainsi...
ATALMUC.
Eh bien?...
NÉRILHA.
Si un magicien voulait être aimé de moi, il faudrait qu'il me donnât la moitié de sa magie...
ATALMUC.
En vérité !
NÉRILHA.
Qu'il m'expliquât les secrets de son giimoire ou de sa ba guette... voilà!...
ATAL^niC.
Et tu l'aimerais?
NÉRILHA.
Je ne dis pas cela!... mais ce serait peut-être ini moyen de me gagner le cœur!... Qui sait?... Essayez!
ATALMUC, avec amour.
Ah! perfide!... Tout me dit que tu veux me tromper... et cependant je ne puis m'empècher de saisir cette lueur d'espoir...
NÉRILHA,
Voilà déjà un bon sentiment dont je vous sais çrré !
ATALMUC.
Est-il possible?...
NÉRILHA.
C'est la première fois que je me sens pour vous comme quelque chose... qui n'est pas de l'antipathie!... (Geste d'Atalmuc.) Lisez plutôt... vous qui savez lire... (.Montrant son cœur.) Là!... ATALMUC, la regardant avec attention et émotion.
C'est vrai ! c'est vrai !
DUO
Si lu pouvais devenir plus traitable, Ah! combien je te chérirais !
NÉRILHA.
Si vous pouviez devenir plus aimable.
Ah! combien je vous aimerais!
ATALMUC.
Vraiment?...
NBRILHA.
Vraiment!
ATALMUC , la regardant avec amour.
0 prestige! ô délire!
Je le sens, je le vois.
Tu veux, par ton empire.
Usurper tous mes droits!...
Et l'amour te protège!
Et, prête à succomber, Ma raison voit le piège Où mon cœur va tomber!
(Lui présentant une rose métallique, qu'il tire de son sein.) Tiens, tu vois ici cette rose.
Qui te soustrait, hélas! à mou pouvoir;
Si tu désires quelque chose, Pour l'obtenir, tu n'auras qu'à vouloir ! (il lui fait le geste d'agiter la rose.) NÉRILHA, avec impatience, et voulant prendre la rose des mains d'Atalmuc. Donne!
ATALMUC, avec défiance.
Et si pour engager à quelqu'autre ta foi, (Lui montrant la rose.) Tu voulais t'en servir...
ISÉR1LHA, étendant la main.
Jamais !