SCÈNE VIII
Les PRÉCÉPENTS, LE BARON , sortant du vestibule, à gauche, avec Gc-
ronio , un de ses gens , pendant que l'orchestre se fait entendre au loin.
LE BARON, à Geronio.
Bien,., et puisque vous êtes là tous les quatre... attendez mes ordres. (Geronio rentre dans le vestibule, à gauche. — S'adres-
sant à Angeia.) Allons, ma fille... hàtons-nous !.. notre voiture et nos gens sont prêts , partons !
ANGELA
Ah ! pas encore, je vous en supplie.
LE BARON
C'est toi qui voulais t'éloigner à l'instant même...
ANGELA
Je ne le veux plus !
LE BARON
Ce bal te paraissait... si odieux et si triste...
ANGELA
Il me paraît délicieux maintenant... pardon... mon père... mais vous qui cédez à tous mes caprices... accordez-moi encore celui-là !..
LE BARON
C'est impossible !..
ANGELA
Et pourquoi?..
LE BARON , à demi voix.
La présence seule de monsieur le comte devi'ait te le dire .. viens !
ANGELA
Ah ! c'est que vous ignorez ce qui se passe, et vous ne savez pas comme moi...
LE BARON
Je sais que nous devons partir...
Nous pouvons rester... car il n'épouse point la marquise.
FEDERICl.
Monsieur le baron, vous connaissez maintenant mon rang, ma famille et ma fortune. J'ai l'honneur de vous demander la main de la signora, votre fille. .
ANGELA
Vous l'entendez?.. (Bas, à son père.) J'en mourrai de joie !
LE BARON j à pari.
Et moi de crainte et de désespoir... (Haut.) Je ne le puis, Monsieur... je ne le puis...
ANCELA ET FEDERICI.
Et pour quelle raison?,.
LE BARON
Je les expliquerai à ma fille... c'est pour cela, Monsieiu-, que je désire être seul avec elle...
FEDERICI
Ces raisons... quelles qu'elles puissent être... ne tiendront pas, j'en suis certain, contre mes prières... et celles de la signora.
LE BARON , avec impatience.
Enfin, Monsieur...
FEDERICI
J'obéis, monsieiu" le baron, je me retire... mais j'aime à croire que vous ne quitterez pas le bal sans me permettre d'espérer une réponse plus favorable, (il se retire par l'appartement
à droite.)