ACTE II, SCÈNE VI
GULNARE, qui est descendue de son palanquin.
AIR
Je commande, je suis la reine!
Vous, qu'ici le respect enchaîne, A l'aspect d'une souveraine.
Au nom de mon royal époux.
Esclaves, prosternez-vous !
CHCKUR.
Brama ! Brama !
Puissant Brama !
GULÎSARE.
Le bonheur règne d'avance
En ce séjour!
Je ne veux, pour récompense,
<Jue votre amour!
Soyez heureux,
Soyez joyeux.
Car je le veux!
Livrez-vous aux plaisirs les plus doux.
Ou sinon malheur à vous!
Le bonheur i èirne d'avance
En ce séjour!
Je n« veux pour récompense,
Que votre amour!
CHŒUR
0 Brama! Brama!
Puissant Brama!
Gl'L^ARE, se retournant et apercevant Cadige et XérMha. Bonjour Cadige, et toi petite Nérilba!
(La prenant à part, et à voiï basse.) Comme nous, je le vois, le destin t'exauça! (Haut.) Mon pouvoir vous protégera!
CADIGE ET >ÉR1LHA, s'iuclinant.
Que de bontés!
(En ce moment, le prince sortant de ralléc, à gauche, où il s'était réfugié, se
trouve en face de Gulnare, qui remontait le théâtre.)
GULNARE, apercevant le priuce.
Ah! grand Ditu! qii'ai-je vu?
roDS.
Qu'est-co donc?
36 LA FÉE MX KOSES.
GULNARE, s'approchant du priuce.
L'amour en traits de flamme.
Avait trop bien gravé son iioitrait dans mon âme,
Pour n'avoir pas à l'instant reconnu Le sultan, mon époux!
TOUS, étonnés, regardant le prince et se prosternant.
Le sultan!
NÉRILHA, à part, avec douleur.
Son époux!
ENSEMBLE
>ÉRILHA.
Dieu puissant, que dit-elle, est-ce un rêve? Quoil c'est lui... qui serait son époux? Le dépit en mon âme s'élève.
Je ne puis contenir mon courroux!
ATALMUC, regardant Xérilha.
Quel soupçon dans mon àme s'élève! Elle tremble à ce nom seul d'époux!
C'en est fait! non, ce n'est plus un rêve. Tout me dit que son cœur est jaloux!
LE PRINCE
Quel tourment dans mon àme s'élève!
Il faut perdre un espoir aussi doux!
Adieu donc, mon bonheur et mon rêve.
C'en est fait! me voilà son époux!
GULNARE
Jusqu'cà lui, sur le trône, il m'élève. Et chacun de mon sort est jaloux!
Dans ma main j'ai le sceptre et le glaive. Devant moi tombez tous à genoux!
XAÏLOUN ET CADIGE.
Jusqu'au trône la gloire l'élève.
Et chacun de son sort est jaloux!
Dans sa main sont le sceptre et le glaive Qu'elle tient du sultan son époux!