‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 34 sur 255 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

NÉRILHA, ATALMUC, sortant de dessous terre, ATALMUC.

Me voici!... autrefois ton maître, à présent ton esclave! Que me veux-tu?

NÉRILHA.

Ah ! si tu savais !

ATALMOC.

Je sais tout!

KÉRILHA.

C'est affreux!... n'est-ce pas!... c'est indigne!... Ce prince, venir ici sous ini déguisement et par une tromperie !... Pourquoi ne m'a-t-il pas dit tout d'abord... je suis le sultan... l'époux de Gulnare... (avcc dédain.) Mon Dieu, il en est bien le maître... et à coup sûr ce n'est pas moi qui veut l'empêcher!...

ATALML'C, froidement.'

Tu veux donc qu'il l'épouse?

NÉP.ILHA, vivement.

Non, non, au contraire!... Venge-moi? Punis-le?

ATALMUC.

C'est facile!... Je n'ai qu'un mot à dire pour que les plus gi'ands dangers le menacent !

>ÉRILHA, avec effro!.

Lui!... des dangers !... lesquels?.., (Agitant sa rose.) Je le défends! je le protège!..,

ATALMUC, avec fureur.

Malheureuse!,..

NÉRILHA.

Oui, bien malheureuse!... (portant la main à son cœur. Je ressens là... des tourments,,.

ATALMUC

Que j'éprouvais pour toi... et que j'éprouve encore...

iSERILHA, lui prenant la main.

Mon pauvre maître!,..

ATALMLC,

Mon art ne peut rien poiu- moi-même, ni pour toi! Mais cet amour que tu ne crains pas de m'avoucr, me rend à la lois content et furieux!,,. Celui que tu aimes, je le maudis, et le remercie, car bientôt, grâce à lui, lu vas retomber en ma ptiissance !

NÉRILHA

Moi!

Tu sais nos conventions! Et si tu lui avoues cet amour, si tu lui en donnes la moindre preuve...

NÉRILHA.

De ce côté-là, rassure-toi! Ce qiie j'éprouve là... c'est du ressentiment... delà colère... de la haine... oui, de la haine!.. Et tout à l'heure... tiens... lorsque Gulnare lui a présenté sa main, qu'il a portée à ses lèvres... Pourquoi? Qu'avait-il besoin de lui baiser la main... elle n'est pas déjà si belle!.. Eh bien!., dans ce moment... tout prince qu'il est... si j'avais pu le frapper... et elle aussi!..

ATALMUC, avec colère.

Mais tu ne veux donc pas me laisser le moindre doute?.. Jalouse!., tu es jalouse!

NÉRILHA.

Moi!... Grand Dieu!...

ATALMUC

Cette jalousie que tu me reprochais... que tu ne comprenais pas...

NÉRILHA,

Ah! je la comprends!.. Et tout à l'heure , quand il l'a embrassée... (s'arrètaut, et avec dépit.) Ah çà !... est-ce qu'il l'embrassera toujours ainsi?...

ATALMUC, froidement.

C'est son maii!

NÉRILHA.

Son mari... son mari!.. Ah! voilà à quoi je n'avais jamais songé... et rien que cette idée...

.\TALMUC.

Modère-toi!... Gulnare vient de ce côté...

NÉRILHA.

Et pourquoi y vient-elle?

ATALMUC, froidement.

Sans doute pour attendre le prince!., son amant .. son époux ! . .

NKRU.ILX.

Ah! tu es méchant! Tti me dis ce mot-là... exprès pour me torlinvr...

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