ACTE m, SCÈNE V
Ces augustes ûpoux Sont moins heureux que nous!
MÎRILHA.
Ainsi, vous dites que le prince est toujours triste?
xaïi.oun. Comme un cyprès, ou un saule pleureur.
NÉRILHA.
Et on ne connaît pas la cause de cette tristesse?
XAÏLOUN.
Sur ce chapitre-là, Cadige en sait plus long que moi...
CADIGE, à demi voix et myslérieuseraeut.
Oui, j'avais une autre amie, bien meilleure que Gulnare... une jeune tille, fraîclie et jolie...
NÉRILHA, soupirant.
Ça n'est plus comme moi!
XAÏL0U^'.
Ah dam!... vous, ma brave femme, vous avez eu votre temps !
NÉRILHA, regardant autour d'elle.
Ça reviendra peut-être...
CADIGE.
Comment, ça reviendra?
XAÏLOUN, riant.
Elle est bonne, la vieille !
NÉRILHA, vivement.
Enfin, achevez... le prince?...
XAÏLOUN.
A vu pendant quelques jours cette petite Ne'rilha
NÉltlLHA, avec émotion.
CADIGE, avec naïveté.
C'est comme ça qu'on l'appelait, et j'ai idée qu'il pense à elle... qu'il l'aime!
NÉRILHA.
Tu en es sûre?
CADIGE.
Dam!... quand il me rencontre dans les jardins, il me parle toujours d'elle.
XAÏLOUN.
Et un prince qui cause de cela avec une jardinière... vous conviendrez qu'il y a quelque chose!...
NÉRILHA.
Certainemenl!... Et que dif-il?
cadige.
Qu'il donnerait tout au monde, pour savoir ce qu'elle est devenue...
NÉRILHA.
Et en attendant, son mariage a lieu aujourd'hui ?
XAÏLOUN.
Tout est prêt à la mosquée, et je crois même que le prince y est déjà en prières.
NÉRILHA, feule, à droite, à part.
Ah! je n'y résiste plus... et à tout prix, je veux le voir, lui
parler.... (EUe s'élauce vers la mosquée.)
XAÏLOUN, apercevant, à gauche, la corbeille de fleurs que Guinare a jetée à terre à la scène précédente, court la ramasser.
Tiens! mes plus belles fleurs... qui les a arrangées ainsi?,..
(Cadige lui explique à voix basse ce qui est arrivé; et lui montre du doigt la joue qui a reçu le soufflet.)
SGÉNE VI.
Les MÊ.MES, ÂTALMUC, paraissant sur les marches de la mosquée au moment où \érilba se prépare à les franchir.
ATALMUC.
OÙ vas-tu?
NÉRILHA, prête à se trouver mal.
C'est fait de moi !
ATALMUC.
Tu croyais en vain m'échapper... (Étendant la main sur elle.) Je te défends de faire un pas ! (Xérilha tombe comme accablée sur un banc, à droite, près de la mosquée.)
CADIGE, à gauche, à Xaïloun.
Tiens! regarde donc! (Lui montrant Ataimuc.) notre ancienne connaissance.
XAÏLOUN.
Le seigneur Ataimuc!...
ATALMUC, s'avançant vers lui.
Qui, invité par le sultan des Indes, vient assister i son mariage avec la belle Guinare!
NKRILHA, à part.
0 ciel !