‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 116 sur 349 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

RAIMBAUT

PREMIER COUPLET

Jadis régnait en Normandie Un prince noble et valeureux.

Sa fille, Berthe la jolie, Dédaignait tous les amom'eux.

Quand vint à la cour de son père Un prince au parler séducteur ; Et Berthe, jusqu'alors si fîère.

Lui donna sa main et son cœur.

Funeste erreur ! fatal délire !

Car ce guerrier était, dit-on.

Un habitant du sombre empire ; C'était... c'était un démon !

CHOEUR

Ah ! le conte est fort bon ; Comment ne pas en rire 'T Quoi ! c'était un démon ?

RAIMBAUT

Oui, c'était un démon !

DEUXIÈME COUPLKT.

De cet hymen épouvantable Vint un fils, l'effroi du canton !

Robert, Robert, le fils du diable,

118 ROBERT-LE-PIABLE.

Dont il porte déjà le nom.

Semant le deuil dans les familles, En champ clos il bat les maris.

Enlève les femmes, les filles, , Et s'il paraît dans le pays...

Fuyez, fuyez, jeune bergère.

Car c'est Robert ; il a, dit-on.

Les traits et le cœur de son père, Et comme lui c'est un démon !

CHOEUR

Ah ! le conte est fort bon ; Comment ne pas en rire ?

Robert est un démon ! '

RAIMBAUT

, Oui, c'est un vi-ai démon !

ROBERT, qui jnsque-là a cherché à modérer sa colère, se lève à la fiu du deuxième couplet.

C'en est trop !.. qu'on aiTcte un vassal insolent ! Je suis Robert !

BAIUBAUT, tombant à genoux.

Miséricorde !

Pai'don, mon doux seigneur !

Une heure je t'accorde !

Fais ta prière, puis qu'on le pende à l'instant.

RAIJIBAUT.

Grâce ! gi'âce! je vous en prie !

J'arrive de la Normandie Avec ma fiancée, et nous venons tous deux Remplir auprès de vous un message pieux !

ROBERT

Ta fiancée?., attends. Sans doute elle est jolie! Je me laisse attendrir, allons, pour ses beaux yeux.

Je te fais grâce de la vie ; Mais elle m'appartient, qu'on l'amène en ces lieux !

Chevaliers, je vous l'abandonne.

RAIMBAUT

Hélas!

ROBERT

Tais-toi, vassal, quand ma bonté pardonne, O^s-tu bien encor murmurer l

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