SCÈNE VI
ISAHELLE, conduite par son père; BERTRAM, ALICE, RADIRAUT, CHEVALIERS, SEIGNEURS, DAMES DE LA COUU , PAGES, ÉCUYERS, PEUPLE.
(Entrée du peuple qui accompagne six jeunes couples qui doivent être mariés.) CHŒUR DU PEUPLE.
Accourez au-devant d'elle ; Célébrez, peuple fidèle, Tant de vertus, tant d'attraits ; De nos vœux reçois l'honimage, Et qu'ils soient le doux présage De ton bonheur à jamais î Accueillant notre prière, Puisse un jour le sort prospère Récompenser tes bienfaits !
UALLET.
(Après le ballet un héraut d'armes entre en scène et s'adresse à la princesse.)
LE HÉRAUT d'aRMES.
Quand tous nos chevaliers, poiu" la gloire et leiu* dame.
De ce tournoi vont tenter les destins, Le prince de Grenade en ce moment réclame
L'honneur d'être armé par vos mains.
(La princesse hésite à répondre; son père, qui est près d'elle, lui ordonne d'accepter. Le prince de Grenade s'avance précédé de sa bannière , de ses pages et de ses écuyers; Bertram en l'apercevant dit à part :) BERTRAM.
Je ti'iomphe! Le voici...
Et Robert est resté dans la foret profonde ;
Robert, égaré par lui.
Cherche en vain un rival que mon pouvoir seconde.
iLes écuyers du prince de Grenade s'avancent, pendant que la princesse lui
remet ses armes.)
LE CHOEUR
Sonnez, clairons, honorez la bannière Du guerrier qui guide nos pas.
Sonnez, clairons, dans la caiTÏère, Mars et l'Amour arment son bras.
ALICE, à part, cherchant dans la foule.
Mon jeune maître ne vient pas.
Quand s'ouvre la lice guerrière.
Qui peut donc retenir ses pas ?
BERTRAM, à part.
Robert, Robert ne viendra pas.
LE CHCEUR.
Le clairon sonne, et l'honneur vous réclame, Nobles guerriers, arniez vos bras :
C'est pour la gloire et pour sa dame Qu'un chevalier vole aux combats.
ALICE, cherchant des yeui Robert, s'adresse à Rairabaul.
Ah ! quelle douleur est la mienne !
RAIMBAUT
Rien n'est encor de'sespéré ; Mais aux rochers de Sainte-Irène Souviens-toi que pour nous l'autel est préparé.
ISABELLE, à part.
Parmi cette jeunesse et brillante et guerrière. Vainement je l'attends... tout m'accable à la fois. Hélas! lorsque ma main est le prix du tournois. Je ne vois point encor paraître sa bannière.
LE CHOEUR
Le clairon sonne et l'honneur vous réclame, etc.
(On entend un appel de trompettes.) LE CHŒUR, en dehors.
Voici le signal des combats.
ISABELLE, descend du trône, et s'adresse aux chevaliers.
La trompette guerrière
Vient de retentir :
Dans la noble carrière Il faut vaincre ou mourir.
(a part.)
Que le cri de l'honneur Robert, frappe ton cœur !
ISABELLE, à part.
Ah! pom- moi, douleur cruelle !
Non, Robert ne paraît pas ; Aux combats l'amour l'appelle.
Quel pouvoir enchaîne ses pas ?
LE CHOEUR
Le clairon sonne et l'honneur vous réclame Nobles guerriers, armez vos bras ;