ACTE n, SCÈNE n
ÉLÉAZAR, se prosternant.
0 ciel! et quel honneur pour moi!
La princesse Eudoxie!
EUDQXIEj souriant.
Eh! oui... Relève toi!
DUO
EUDOXIE
Tu possèdes, dit-on, un joyau magnifique?
ÉLÉAZAR
Oui ; je le destinais à quelque souverain ; Une chaîne incrustée, une sainte relique. Que portait autrefois l'empereur Constantin.
EUDOXIE
Je veux la voir!... celui que j'aime, Léopold, mon époux, des Hussites vainqueur...
LÉOPOLD, à droite et écoutant.
Ociel!
EUDOXIE
Auprès de moi revient aujourd'hui même!
ÉLÉAZAR, souriant.
J'entends.
EUDOXIE, a7ec expression.
Non! tu ne peux concevoir mon bonlieurî
ENSEMBLE
EUDOXIE
Au fond de mon âme.
Que l'amour enflamme, Du nom de sa femme Je m'enorgueillis.
Atti'aits et jeimesse. Grandeur et richesse.
Près de sa tendresse, Ne sont d'aucim prix !
LÉOPOLD , à droite.
0 coupable trame!
0 forfait infâme !
Au fond de mon âme Je tremble et frémis !
Et de sa tendresse L'innocente ivresse M'accable et m'oppresse
D'un nouveau mépris!
ÉLÉAZAR , à part.
Au fond de mon âme, , Que la haine enflamme, Je vois cette femme Et je la maudis!
Oui, sombre tristesse Malgré moi m'oppresse.
Quand je vois l'ivresse De nos ennemis!
(Éléazar présente à Eudoxie un co£fret où est renfermée la chaîne d'oi
incrustée de pierres précieuses.
KUDOXIE, la regardant.
Ah! quel feu! quel éclat!... Ce travail que j'admire Est digne du héros pom' qui je le choisis.
ELEAZAR, à demi voix.
Trente mille florins!... je n'en puis rien déduire.
Qu'importe?...
( Atcc tendresse. )
C'est pour lui!
ÉLÉAZAR, à part.
Vive un coem* bien épris, Le commerce et les arts y trouvent bénéfice !
LÉOPOLD
Non, rien n'égale mon supplice!
EUDOXIE, donnant un cachet à Éléazar.
Tenez... vous gi-averez son blason et le mien. Et puis dans mon palais, demain, songez-y bien. Vous me l'apporterez.
ÉLÉAZ4U.
Que mes mains soient maudites Si j'y manquais!
EunoxiE.
Oui, je veux que demain.
Aux yeux de l'empereui-, dans un pompeux festin. Ce joyau soit offert au vainqueur des Ilussites; Et je prétends moi-même, en gage de ma foi. Le placer sur ce <;œui' qui ne bat que pom- moi.