‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 191 sur 349 · ACTE 11, SCÈNE YTT · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE YTT

Un chrétien ! mais l'hymen qu'ici ton cœur désire, C'est la mort, le bûcher qui tous deux vous attend. Si l'on savait jamais...

RACHEL

Et qui pourra le dire?

Hormis vous, qui saura le secret d'où dépend Le bonheur de ma vie?... ah! par pitié, mon père, De votre fille en plem's écoutez la prière!

ÉLÉAZAR

11 eet chrétien!... son cœm- qui déjà m'a trahi. Bientôt, je le prévois, doit te trahir aussi!

RACHEL

Jamais, jamais.

LÉOPOLD, à part.

Grand Dieu!

RACHEL

Croyez en sa promesse.

Ér.EAZAR.

Eh bien donc, puisqu'ici ma fm'eur vengeresse Doit céder à tes pleurs... que le ciel en com-roux Comme moi te pardonne... et qu'il soit ton époux!

RACHEL, poussant un cri de joie, et se jetant dans les bras d'Éléazar.

Mon père!...

LÉOPOl.D, poussant un cri de terreur.

0 ciel!...

RACHEL, se retournant et le regardant.

Eh bien donc!... qu'avez-vous?

LÉOPOLD

0 mon Dieu! que ferai-je?

Parjure et sacrilège.

Ah! c'est trop de forfaits!

Désespoir! anathème!

Le ciel que je blasphème Me maudit à jamais!

RACHEL

Lorsque Dieu nous protège.

Quelle crainte l'assiège Et trouble ainsi ses traits?

C'est mon père lui-même

4ft4 ik jriivE.

Qui vient à ce que j'aime De m'unir poui* jamais.

ÉLÉAZAIl.

Quand mon bras le protège.

Quelle crainte l'assiège Et tiouble ainsi ses traits?

Oui, ma bonté suprême A ce chrétien qu'elle aime "Va l'unir pour jamais.

KLliAZAR, entre eux deux.

A genoux ! à genoux! prêtre de notre loi,

(a nachel.)

Que je reçoive ici tes serments et sa foi !

LÉOPOLD, retirant sa main.

Jamais ! jamais !

RACHEI,,

Qu'oses-tu dire V

LÉOPOLD

Je ne puis.

RACHEL ET É|,ÉAÎAR.

Et pourquoi?

LÉOPOLD

Je ne puis, laissez-moi.

Et la terre et le ciel sont prêts à me proscrire !

RACIIEL.

Si tu m'aimes... qu'importe?,., ici tu le disais.

ÉLÉAZAR

Et moi, je l'ai prévu : trahison.., anathème... Maudits soient les chrétiens et celui qui les aime!

LÉOPOLD , à Rachel.

Ah !... je t'aime plus que jamais!

Mais cet hymen, vois-tu? c'est un crime, un blasphèn^o- Ne m'interroge pas, je dois fuir... je le dois. Adieu, Rachel, adieu pom- la dernière fois!

ENSEMBLE

LÉOPOLD

Parjure et sacrilège.

Ah! le remords m'assiège, Et c'est trop de forfaits!

Désespou! anathème!

Le ciel que je blasphème

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