LÉOPOLD ET RACHEL
Ah! le remords m'accable!
Oui, c'est un Dieu vensieiir Dont l'aspect redoutable Me glace de terreur !
ÉLÉAZAR, les regardant l'un p.près l'autre.
ie vois son front coupalile Glacé par la terreur !
D'un juge inexorable Craignez le bras vengeur!
ÉLÉAZAR, àLfcopold.
Et toi que j'accueillis, toi qui venais sans craiiiîo
Outrager dans ce? lieux l'hospitalité sainte.
Va-t'en... si tu n'étais un enfant d'Israël,
Si je ne respectais en toi notre croyance.
Mon bras t'aïu-ait déjà frappé d'un coup mortel !...
LÉOPOLD
Frappe! je ne veux pas te ravu' ta vengeance. Je suis chrétien !
ÉLÉAZAR , avec fureur.
Chrétien ! . . . j 'aurais dû m'en douter, Rien qu à la trahison ! . . .
(Tirant son poignard.)
Et d'un crime semblable...
RACIIEL, retenant son bras.
Arrêtez!... il n'est pas le seul qui soit coupable, Et la mort ([ui l'altcnd, je dois la mériter;
Oui, je l'aime 1... je l'aime!
Notre crime est le môme ; A son juste trépas Je ne sunlvrai pas!
ENSEMBLE
RACHEL
C'est moi qui suis coupable ; Grâce!... et que ma douleur.
D'un juge redoutable Désarme la rigueur!
LÉOPOLD
C'est moi qui suis coupable, Et parjure à l'honnem- !
Oui, le remords m'accable Et déchire mon cœur !
ËI.ËAZAK.
Quoi! ces chrétiens que je déteste!
Me raviraient encore mon enfant !
RACHEr..
Près de votis Nous resterons, je vous l'atteste; Pardonnez-lui, mon père, et qu'il soit mon époux ]
PREMIER COUPLET
Pour lui, pour moi, mon père, J'invoque votre amour; Ses yeux à la lumière Pourront s'ouvrir un jour.
Notre loi, qu'il ignore.
Qu'il l'apprenne de vous; Hélas ! je vous implore, Bénissez mon époux.
DEUXIÈME COUPLET
Hélas ! si d'une mère J'avais connu l'amour, Sa voix à ma prière S'unirait en ce jour!
C'est elle qui m'inspire.
Et je crois près de vous L'entendre ici me dire :
U sera ton époux.