‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 228 sur 349 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les PRÉCÉDEî<TS, différemment groupés et se retirant à l'écart sur les deux côtés du théâtre.

(On voit au fond, dans les jardins, passer le comte de Nevers tenant par la main ime darae voilée qu'il salue respectueusement et qui s'éloigne.)

DE NEVERS, entrant sur le théâtre en rêvant et sans apercevoir les autres convives, qui se retirent derrière lui à mesure qu'il s'avance.

Il faut rompre l'hymen qui pour moi s'apprêtait!.. A sa fille d'honneur la reine Marguerite

A conseillé cette étrange visite...

Et c'est ma fiancée... ici même... en secret. Qui vient me supplier de rompre un mariage Auquel l'ordre d'un père et l'oblige et l'engage! Chevalier généreux, j'en ai fait le serment ,

Mais de dépit... au fond du cœur j'enrage !

(Pendant cet aparté tous les convives se sont approchés doucement de de

Nevers, qu'ils entourent et qu'ils saluent en riant.)

C H OEU R , à de Nevers qu'il salue.

Honneur au conquérant Dont le tendre ascendant.

Dont le pouvoir galant Soiunet toutes les belles!

Il règne en tous les cœurs, Et pour lui, sans rigueurs^, L'amour n'a que des fleurs Et des palmes nouvelles 1

DE NEVERS, à part.

Leurs complirtients arrivent bien.

De mon dépit tâchons qu'on n'aperçoive rien !

(Haut.)

Je n'ai pas, mes amis, mérité tant de gloire.

Et mon bonheiu- n'est pas si grand qu'on pourrait croire.

RAOUL, à Marcel.

A leur air insolent Moi setil en ce moment Je dois poilr châtiitienl Une leçon nouvelle.

Oui, ce discours railleur Excite ma fureur.

{Aux convives.)

Et c'est à votre honneur Que mon bras en appelle!

TOUS, s'adressant à Raoul.

Honneur au conquérant Dont le pouvoir galant, Dont le tendre ascendant Soumet toutes les belles.

11 règne en tous les coeurs^ Et pour lui, sans rigueurs, L'amom* n'a que des fleiu"S Et des palmes nouvelles!

Page 1