‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 236 sur 349 · AGTIS II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

AGTIS II, SCÈNE III

MARGUElUTi:.

Oh! l'amour ne eonnaît ni les dieux ni les rangs.

URBAIN, regardant Jlargiierite.

Quoi! l'amour ne connaît ni les dieux, ni les rangs.

MARGUERITE

Et pour moi Ciitholique... un hymen se prépare, (C'est un secret),., avec Henri, roi de Navarre, Un des chefs protestants.

URBAIN, a-vec douleur.

0 ciel ! pour vous, Madame, un hymen se prépare !

MARGUERITE, le regardant.

Qu'avez-vous donc?

URBAIN, soupirant.

Moi? rien.

MARGUERITE, avec intérêt.

(a Valentine, }

Pauvre Urbain I Et j'enteiiiis Que votre hymen se fasse en même temps.

Oh! c'est impossible... et mon père?

MARGUERITE

Je l'ai VU, je dois croire à ses nobles serments.

VALENTINE, timidement.

Oui. — Mais Raoul?

MARGUERITE

Eh bien! ma chère, 11 va venir.

VALENTINE, effrayée.

0 ciel! jamais je n'oserai...

MARGUERITE, souriant.

( Gaiement. )

Vraiment... jamais? Alors c'est moi qui le verrai. SCÈNE III.

Les précédents; les demoiselles d'honneur qui revieuKcnt UNE DA>IE d'honneur.

Venez sous ces épais ombrages Chercher un doux abri contre uu soleil brûlant. Le fleuve fortuné qui baigne ces rivages Vous oflre de ses eaux le rempart Iranspaient.

CHOEUn.

Jeunes beautés, sous ce feuillage Qui vous présente un doux ombrage, Bravez le joui- et la chaleur.

Voyez ce niisseau qui miu-nuu'e, Et dans le sein d'une onde piu-e Cherchez le calme et la fraîcheur.

MARGUERITE , remerciaot les femmes empressées autour d'elle.

C'est bien, c'est bien, et de vos soins fidèles...

(Se retournant et apercevant Urbain qui est pensif et immobile devant elle.)

Eh! que faites-vous là, maître Urbain?

IHIBAIN.

J'attendais Les ordres de Madame.

MARGUERITE

Et moi qui l'oubliais!. .

Je le confondais presque avec ces demoiselles. Sortez, beau page, et sur-le-champ.

URBAIN

Quel ennui de sortir dans un pareil moment !

( Il sort en retournant plusieurs fois la tête. ) CHœUR.

Jeunes beautés sous ce feuillage Qui vous offre im discret ombrage.

Bravez le jour et la chaleur.

Voyez ce ruisseau qui miu-mure, Et dans le sein d'une onde pure Cherchez le calme et la fraîcheur.

( Pendant ce chœur toutes les jeunes filles s'occupent de leur toilette de bain. Plusieurs qui sont d^à prêtes, paraissent en peignoirs de gaze, et avant de se plonger dans l'eou, dansent, jouent, coureut les unes après les autres et forment diflérents groupes. — Divertissement que la reine contemple en souriant, nonchalamment étendue sur un banc de verdure. — D'autres jeunes filles ont disparu derrière les touffes d'arbres du fond, et on les voit un instant après se baigner dans le Cher, qui forme sur 1* théâtre différentes sinuosités. )

cnœuR et air de ballet.

Jeunes beautés, sous ce feuillage Qui vous offre un discret ombrage.

Bravez le jom- et la chale;u-.

Etc., etc.

(En ce mouieat Urbain parait au milieu des groupes que fo,r(jieiit les jeunes filles.)

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