ACTE III, SCÈNE IV. 2C
TOUS) répétant.
A qui tombera sous le glaive Ni quartier, ni merci, ni trêve :
C'est convenu.
C'est entendu.
En mon bon droit j'ai confiance; Pour me venger de son offense.
Que le fer seul juge entre nous.
Je veux raison de son outrage.
Et bonne épée et bon coiuage, Chacun pour soi, le ciel pour tous.
(Pendant cet ensemble on a distribué des armes aux champions.) LES QCATRE TÉMOINS.
Mesurons maintenant et le champ et les armes!
(Deux témoiiis mesurent le» épée» et les deux autres marquent une distance de
sept ou huit pas.)
MARCEL, qui est à gauche du théâtre et près de Raoul.)
Je sens à chaque instant redoubler mes alarmes! Entendez-vous ces pas? — On s'avance vers nous! Mon maître, regardez, !
RAODL, qui essaie son épée et son poignard.
Eh! laisse-moi!
MARCEL, regardant vers le fond et TOjant Maurevert et quelques hommes armés.
Dans l'ombre Je ne puis distinguer leur force ni leiu" nombre !
(Tirant son épée et s'avançant vers eux.)
Vous qui marchez de nuit, ici que voulez-vous?
MAUREVERT, et deux hommes armés descendent à droite du théâtre et du cùté de Saint-Bris.)
Que t'importe?
(Marcel est descendu à gauche et se tient près de son maître l'épée à la main.) MAUREVERT, le regardant et désignant Marcel et les trois combattants.
Que vois-je ? ô ciel ! et quelle perfidie !
Des huguenots dont la fureur impie Ose à nombre inégal attaquer dans ce lieu Un des nôtres!...
(Criant à -voix haute.)
A moi, défenseurs du vrai Dieu !
(Une douzaine d'hummes armés de bâtons et d'épieux, et qui étaient en embuscade derrière le gros chêne, s'élancent et entourent Uaoul et ses deux lé-
'i62 LES HUGUENOTS.
moins. Marcel se serre contre son maître, et les quatre huguenots, adossés l'un à l'autre, cherchent à faire face aux ennemis qui les pressent de tous côtés. Au moment où ils vont succomber sous le nombre, ou entend dans le cabaret à droite les soldats protestants qui chantent en chœur leur chanson de la première scène.)
Plan, ralaplan, vive la guerre!
Buvons, ami, A notre père, A Coligny !
MATiCEL, criant d'une Toiz forte.
Coligny!... Coligny!... défenseurs delà foi!
Accourez à mes cris ! venez, défendez-moi !
Tout Israël est en émoi !
(a ces cris les portes du cabaret s'ouvrent ; MaureTert et ses afSdés s'enfuient effrayés derrière Saint-Bris et ses compagnons. Les soldats huguenots paraissent et entourent Marcel, qui entonne en actions de grâces le coral de Luther. — Au même instant et du cabaret à gauche sortent des clerc» d« la Sorbonne et de la basoche, qui accourent au bruit.) MAUREVF.RT, les apercevant.
Braves étudiants... à nous!
Trahison ! . . . accourez !