SCÈNE II
VALENTINE, RAOUL, paraissant à la porte du fond. VALENTINE, l'apercevant.
Juste ciel!... est-ce lui, lui dont l'aspect terrible Ainsi que le remords sans cesse me poursuit?
RAOUL, d'un air sombre.
Oui, c'est moi!... moi qui viens dans l'ombre et dans la nuit, Ainsi qu'un criminel dont la peine est horrible. Et qui, las de souffrir, succombe au désespoir!
VALENTINE
Que voulez-vous de moi ?
RAOUL
Rien... j'ai voulu vous voir Avant que de momir.
VALENTINE, effrayée.
Qu'entends-je? est-il possible?
Et mon père, et mon mari!
RAOUL, froidement.
Oui, je pouvais les rencontrer ici.
Je le savais!
VALENTINE
Leur cœiu" est inflexible; Ils vous tueraient ! . . . Fuyez !
RAOUL
Non, j'attendrai leurs coups.
270 LKS HUGUENOTS.
Eh! n'est-ce rien pour moi que mourir près de vous?
Vous que j'aimais, et que l'on m'a ravie! Vous dont j'étais aimé; vous, mon bien et ma vie, Jamais vous ne sam-ez tout ce que j'ai souffert! Quand on perd le honhem-, quand c'est vous que l'on perd, Il faut mom-ii- alors!
VALENTIJiE.
* Non! si je vous suis chère.
Non! vous ne mourrez pas; vous vivrez pour l'honneur, La gloire, la patrie, et pom- qu'en m'a douleur Du bruit de vos succès je sois heiueuse et lière !
RAOUL
Que dites-vous?
VALENTINE
, Partez, quittez ce lieu!
Je ne dois plus vous voir!
UAOUL.
Ah! quel sort est le nôtre!
VALENTINE
Mais je prîrai pour vous! oui, je priraimon Dieu
Pour qu'il devienne aussi le vôtre.
Pour que sa voix vous touche, et qu'oubliant vos toils, Tous deux il nous unisse en ce séjom- céleste Où l'on peut se revoir et s'aimer sans remords.
RAOUL, écoutant.
Entendez-vous ces pas?
VALENTINE
Fuyez!
RAOUL
Non, non! je reste!
Et si quelques dangers...
VALENTINE, qui a été regarder au fond uu théâtre.
Mon père! mon époux!
(a Raoul, d'un air suppliant.)
Pour moi, poîu- mon honneur, évitez lem- com-roux !
(Raoul se cache deiTïere une tapisserie et dans Tembrasure de croisée qui est tu tond du théâtre.)