AUTRES SEIGNEURS CATHOLIQUES
SAINT-BRIS, aux seigneurs qui entrent avec lui et l'entourent.
Oui, l'ordre de la reine en ces lieux nous rassemble. L'heiure est enfin venue où je dois à vos yeux Dévoiler des projets protégtis par les cieux. Et dès longtemps conçus par Médicis.
VALENTINE
Je tremble!
SAINTBRIS, à TaUatine.
Ma fiUe, laissez-nous.
DE KEVERS, retenant par la mais Valeutine qui veut sortir.
Pourquoi donc?... ses vertus, Son zèle ardent pour la foi catholique. Permettent qu'en ces lieux devant elle on explique De la reine et du ciel les ordi'es absolus.
SA1NT-BRI>, s'adressaBt aux seigneurs.
Des troubles renaissants et d'ime guen*e impie Vous voulez, comme moi, délivTer le pays?
TOUS
C'est notre vœu.
SAINT-BRIS
Du roi, du ciel, de la patrie.
Vous voulez, comme moi, frapper les ennemis?
TOUS
Nous sommes prêts.
SAINT-BRIS
Eh bien ! du Dieu qui nous protège Le glaive menaçant est sur eux suspendu;
Des huguenots la race sacrilège Ama dès aujom-d'hui pour jamais disparu.
RAOUL, soulevant la tapisserie.
Qu'entends-je!
VALENTINE, à part.
0 ciel !
SAINT-BRIS
Entraîne's dans le pie'ge.
Ce soii' même, à minuit, ils doivent périr tous I
DE NEVERS
Qui les condamne?
SAINT-BRIS
Dieu !
DE NEVEnS.
Qui les frappera !
SAIHT-BRIS.
Nous!
ENSEMBLE
SAINT-BBIS.
Pour cette cause sainte.
J'obéirai sans crainte, A l'honneur, à mon roi.
Comptez sur mon com-age; Entre vos mains j'engage Mes serments et ma foi.
VALENTINK, à part.
D'une mortelle crainte Ah! mon âme est atteinte!
Cachons-leur mon effroi!
Comment tromper leur rage?
Dieu ! soutiens mon comage Et prends pitié de moi!
DE NEVERS, à part.
De doulem- et de crainte Ah! mon âme est atteinte!
Qu'exige-t-on de moi?
Quel est donc ce langage?
A l'honneur seul j'engage Mes serments et ma foi I
8AINT-BRIS, aux seigneurs qui l'entourent.
Le roi peut-il compter sur vous ?
TOUS, excepté de Nevers.
Nous le juronsl
SAINT-BKIS.
C'est moi qui dois guider vos pas.
TOUS, de même.
Nous vous suivrons!
SAINT-BRIS
Quoi? Nevers seul a gardé le silence!