ACTE rV, SCÈNE IV
DE NEVERS
Frappons des ennemis, mais non pas sans défense j. Ce n'est pas le poignard qni doit percer leur sein.
SAINT-BRIS
Quand le roi commande !
DE NEVERS
Il me commande en vain De flétrir de mon sang l'honneur et la bravoure.
(Montrant les portraits suspendus autour de l'appartement.)
Et parmi ces aïeux dont la gloire m'entoure, Je compte des soldats, et pas im assassin !
SAINT-BRIS, à de Neyers.
Quoi ! par toi notre cause est trahie et trompée !
DE NEVERS
Non! mais du déshonneur je sauve mon épée.
(U la brise.)
Tiens la voici ! que Dieu juge entre nous !
VALENTINE, courant à Nevers, et à demi-»oii.
Ah! d'aujourd'hui tout mcn sang est à vous! Vous saurez tout! venez !... oui, je dois vous apprendre...
(En ce moment s'ourrent les portes du fond. Paraissent des quarteiiiers, rlca
échevins et des chefs du peuple armes.)
SAINT-BRIS, g'adressant à eux et leur montrant de Nevers.
Assurez-vous de lui — de Nevers, de mon gendre; Jusqu'à demain vous m'en répondez tous.
ENSEMBLE
DE NEVERS
Ma cause est juste et sainte, Je puis, je dois sans crainte Résister à mon roi.
Son ordre est un outrage ; A l'honneur seul j'engage Et mon bras et ma foi !
VALENTINE
D'ime mortelle crainte Ah! mon àmc est atteinte; Cdchons-lem' mon elîioi.
Comment tromper leur rage?
Dieu ! soutiens mon courage Et prends pitié de moi!
^*ii LES HUGUENOTS.
SAINT-BRIS, SEIGNEURS, ÉCHEVINS, QlIARTENTERS -ET CHOÇUR DE GENS DO PEUPLE.
Pour celte cause sainte J'obéirai sans crainte A l'honneur, à mon roi!
Comptez sur mon courage; Entre vos mains j'engage Mes serments et ma foi!
(plusieurs gens du peuple armés de hallebardes emmènent de Nevcrs et sortent avec lui par la porte du fond. Valentine, sur un geste de son père, rentre par la porte à gaucbe.)