‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 280 sur 349 · ACTE IV. SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE VI

Ah ! souvenir fatal !

Du massacre de mes frères

C'est l'horible signal !

ENSEMBLE

RAOUL

Plus d'amour!... plus d'ivresse!

0 remords qui m'oppresse!

Je les verrais sans cesse Égorgés sous mes yeux!

' ncjwussant Yalentine.)

Je ne veux rien entendre !

Mes frères vont m'attendre.

Et je coiu-s les défendre Ou mourir avec eux!

YALENTINE.

Eh quoi! dans son ivresse, Repousser ma tendresse !

Le remords qui m'oppresse Est-il donc moins affreux?

• Quoi! l'amour le plus tendre Veut enfin te défendre!...

Raoul, daigne m'entendre Ou je meurs à tes yeux !

(On enteud de nouveau le son des cloches.) RAOUL.

C'en est fait... voici l'heure!

Le ciel veut que je meure ; Tu m'arrêtes en vain!

VALENTINE

Je ne te quitte pas!... frappe, voilà mon sein.

r.AOUL, cherchant à s'arracher de ses Iras.

Dieu ! soutiens mon coui-agc !

(S'approchant de la fenêtre à droite.)

Tiens... vois, siu- ce rivage.

Vois ces cadavres sanglants.

VALENTINE

Ah! quelle hoiTeur s'empai-e de mes sens!

(Hors d'elle-même. )

Raoul! ils te tueront!... reste! reste! ou je mem-s!

RAOUL, dans le plus grand trouble.

Ah! que faire? et comment résister à ses pleurs?

(Le beffroi reteutit, et l'on entend le bruit des armes. Raoul pousse un cri d'effroi.)

Non !... c'^n est lait... l'honneur m'ordonne de partir.

(Regardant Valentine à moitié évanouie.)

Dieu!... veillez sui' ses jours! et moi je vais moui'ir.

(il s'élance du haut du balcon qui est à droite et disparaît. Valeulinc pousse un cri et s'évanouit.)

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