ACTE I, SCÈNE H
Et je suis d'autant plus coupable, Que son destin étrange et misérable Rend plus facile encore ma lâche trahison.
LORENZO
Qu'eniend&-je?
ALPHOÎfSE.
La parole à ses lèvres ravie Par un horrible événement, La livrait sans défense à l'infidèle amant Dont l'abandon empoisonna sa vie.
Aimable fille, alors je t'ai chérie.
Dans ces entretiens pleins d'attraits, Où nos cœurs semblaient se confondre, Muette, hélas i tu m'entendais :
Tes yeux seuls pouvaient me répondre.
LORESZO.
De cet indigne amour vous avez triomphé?
ALPHONSE
Ce n'est pas ma raison qui l'a seule étoufTé : J'oubliai ma victime en adorant Elvire : Elle prit sur mes sens un souverain empire. Mais ne sois pas surpris qu'en ce jour fortimé, Où l'amour va m'unir à celle que j'adore.
Ami, la pitié parle encore
Poiu: celle que j'abandonnai.
Depuis un mois elle a lui ma présence, Et sa mort...
LORENZO
Écartez un présage odieux :
Peut-être votre père a voulu, pai* prudence, La soustraire à vos yeia.
Vous connaissez son humeur inflexible, A ses sujets comme à son fils terrible. Vous le savez; on craint que sa rigueur De ce peuple opprimé ne lasse la douleui\
ALPHONSE
Mais du cortège qui s'avance J'entends déjà les accents solennels, Cner Lorenzo, de la prudence !
Viens rejoindie mon père et nous sxiivre aux auteb.
4 LA MUETTE DE rORTICI.