‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 335 sur 349 · ACTE rV, SCENE IH · texte numérisé non relu

ACTE rV, SCENE IH

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ENSEMBLE

CHOEUR DU PEUPLE

Qu'entends-jc? ô ciel! et quel mystère Faut-il en croire un tel aveu?

Lui qui pour nous descend sur terre !

Lui! l'envoyé... le fils de Dieu!

CHOEUR DES ANABAPTISTES, s'adressant à ïidè*

Fraude coupable et mensongère Que punira le fils de Dieu !

Ne brave pas notre colère ! . . .

Va-t'en, va-t'en de ce saint lieu!

JEAN, s'arançant yen le peuple dont les murmures augmcateni.

Quelque erreur abuse son âme. J'ignore, ainsi que vous, ce que veut cette femme!

FIDÈS

Ce que je veux... ce que veut cette femme l Elle voudrait... te pardonner, hélas!

Elle voudrait, même au prix de son âme, Un seul instant te presser dans ses bras!

Et toi!... tu ne me connais pas!

L'ingrat ne me reconnaît pas!

ENSEMBLE

CHOBTJR DU PEUPLE, montraiit ieau

L'élu du ciel, le saint Prophète Ne serait-il qu'un imposteur?

Malheur à lui! que sm- sa tête Éclate enfin notre fureur !

CH(£UR DES ANABAPTISTES, menaçant Fidèa.

C'est trop souftrir, divin Prophète, Et son blasphème et son en-eur !

Livrez-la-nous 1 que sm* sa tête Éclate enfin notre fureur !

(a la fin de cet ensemble, Jonas et les anabaptistes , qui ont entouré Fidès,

lèvent ie poignard sur sa tète.)

JONAS, prêt à frapper.

Dieu nous commande son trépas !

JEAN, s'élançant vers lui avec effroL

Arrêtez!...

FIDÉS, avec joie.

Il prend ma défense!

JEAN

Qu'on respecte ses jours!... Ne voyez-vous donc pas Que cette femme est en démence !

(Pidès s'éloigne a^ec indignation.)

Un miracle peut seul lui rendre la raison !

CHOEDR DES BOURGEOIS, avec ironia.

Tout est possible au roi prophète!

Au fils de Dieu !

JEAN

Que Dieu m'inspire donc!

(S'approchant de Fidès.)

Femme, à genoux!

FIDËS, avec fierté.

Qui? moi?

(jean fait un geste impérieux; elle 8*incline.)

JEAN, posant la main sur la tête de sa mère.

Que la sainte lumière Descende sur ton front, insensée, et t'éclaire!

(Avec intention.)

Tu chérissais ce fils dont je t'offre les traits!

FlDÉS.

Si je l'aimais!...

JEAN

Fh bien! que maintenant vers moi ton œil se lève!... Et vous qui m'écoutez, peuple, levez le glaive !

(Tous les assistants tirent leur épée et Jeau continue en montrant Pidècj

Si je suis son enfant, si je vous ai trompés, Punissez l'imposteur!... Voici mon sein... frappez!

(S'adressant à haute voix à Fidès.)

Suis-je ton fils?

CHOEUR DU PEUPLE, àPidè».

Paiiez sans crainte et sans obstacle.

FIDÉS, troublée et regardant Jean dont les yeux rencontrent les sien».

Oui... la lumière brille à mes yeux obscurcis !

(passant au milieu du théâtre et avec force.)

Peuple, je vous trompais!... ce n'est pas là mon fils.

(Avec douleur.)

Je n'en ai plus !

JONAS, au peuple.

0 sublime spectacle!

Sa voix rend la raison aux insensés...

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