‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 334 sur 349 · ACTE TV, SCÈNE IH · texte numérisé non relu

ACTE TV, SCÈNE IH

théitrc, veut se précipiter sur ses pas. Il est repoussé par les trabans dans les chapelles latérales. Tous disparaissent. Fidès, qui vient d'entrer, est seule à gauche, à genoux, sur le devant du théâtre, ne s'occupant pat de ce qui se passe autour d'elle, et plongée dans la rêverie et la prière. Tout à coup, •n entend un grand bruit d'orgues , de clairons et de trompettes. C'est 1« moment du couronnement. )

CHOEUR, en dehors.

Domine, salvum fac regem nostrum prophetam!

FIDÉS, levant la tête.

Que Dieu sauve le roi prophète !

Disent-ils... Ce sont là leurs vœux!

Et moi, j'appelle sur sa tête La juste vengeance des cieux!

(Priant.)

Grands dieux, exaucez ma prière!

Qu'errant, misérable et proscrit.

Il soit châtié sur la terre !

Que dans le ciel il soit maudit !

CHOEUR

Domine, salvum fac regem nostrum prophetam t

FIDÈS, continuant.

Oh! ma fille!... Oh ! Judith nouvelle.

Que s'accomplisse ton dessein !

Qu'en ta main le glaive étincelle.

Et de leur roi frappe le sein.

CHOEUR

Domine, salvum fac regem nostrum prophetam!

(Les orgues jouent de nouveau, les enfants de chœur et les jeunes filles entrent a chantant sur la marche suivante. Derrière eux, le peuple s'avance «t couvre e thé^re. )

CHOEUR

Le voilà, le roi prophète!

Le voilà, le fils de Dieu !

Al genoux!... courbez la tête Devant son sceptre de feu !

UNE VOa SEULE.

En son sein aucune femme Ne l'a porté ni conçu !

Fils de Dieu, divine flamme.

Rayon du ciel descendu.

330 «E PHOPHÈTE.

CHOEUR

Le voilà, le roi prophète!

Le voilà, le fils de Dieu !

A genoux!... courbez la tête Devant son sceptre de feu !

(Sur le haut du grand escalier parait Jean, couvert des habits impériaux, le sceptre en main, la couronne en tète. Derrière lui Jonas, Zacharië, Mathisea et ses principaux officiers. A son aspect tout le monde se prosterne. Seul, debout, au milieu de cette multitude , Jean descend lentement quelques marches d'un air pensif; puis il porte sa main à sa couronne et dit en se rappelant la prédiction du deuxième acte. ) JEAN.

Jean! tu régneras!!! oui... c'est donc vrai!... je suis L'élu, le fils de Dieu!...

(Bn ce moment Fidès, qui est sur le devant du théâtre à droite, vient de s< relever. Elle seule et Jean se trouvent debout dans l'église. Elle regarde le ■OMvean roi et pousse an «ri. )

FIDÈS

Mon fils!!!

( Jean tourne les yeux de son c6té, lui tend les bras et veut courir vers elle; mais au cri de Fidès, tout le peuple qui était à genoux s'est relevé, et s'éloigne avec indignation de cette femme sacrilège. Zacharie et Jonas se sont approchés d'elle et tirent leurs poignards; Mathisen, qui est près de Jean, lui dit i voix basse : )

JONAS

Si tu parles,

(LoI montrant Fidès.)

Sa mort!

lEAN, avec fureur.

Infâme!

(Puis ayee effroi et modérant son émotion, il se retourne Tcrs sa mère et dit

froidement :)

Quelle est cette femme?

FIDÈS, avec indignation.

Qui je suis?

Moi!... qui je suis?... Je suis la pauvie femme Qui t'a nsiuri, t'a porté dans ses bras ! Qui t'a pleiu-é, t'appelle, te réclame.

Qui n'airae enfin que toi seul ici-bas !

Et toi! tu ne me connais pas!

L'ingi-at ne me reconnaît pasl

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