‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 5 sur 349 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les précédents , FENELLA , poursuivie par SeWa et par des gardes.

(Peuella entre avec effroi; elle aperçoit la princesse et court se jeter 6

ses genoux.

ELVIRE

Que voulez-vous? parlez.

FENELLA. Elle fait signe à la princesse qu'elle ne peut parler, mais que rien n'égalera sa reconnaissance, et par ses gestes suppliants elle la conjure de la dérober aux poursuites de Selva.

ELVIRE, la relevant.

Je saurai te défendre.

Quand mon bonheiu- est si grand aujourd'hui, PoiuTais-je aux malheureux refuser mon appui?

(a SeWa.)

Quelle est donc cette infortunée?

SELVA

La fille d'un pêcheur. L'ordre du vice-roi

Depuis un mois la tient emprisonnée; Mais ce matin, bravant une sévère loi, Elle a brisé ses fers.

ELVIRE

Quel peut être ton crime?

FENELLA. Elle répond qu'elle n'est point coupable; elle en atteste le cieL ELVIRE. •♦

Qui troubla ton repos ?

FENELLA. Elle fait signe que l'amour s'empara de son cœur, et qu'il a causé tous ses mavt.

ELVIRE

Hélas! pauvre victime!

Je te comprends : l'amour a su toucher ton cœur Mais de tes maux quel est donc l'auteur?

6 LA MïïETTE DE PORTICI.

FENELLA. Elle fait signe qu'elle l'ignore; mais il jurait qu'il l'aimait, Il la pressait contre son cœur; puis, moiitrant l'écharpe qui l'entoure, elle fuif entendre qu'elle l'a reçue de lui.

ELVIRE

Cette ccharpe, il te l'a donnée!

FENELLA. Elle soupire et fait gig:ne que oui. ELVIUE.

Mais dans ces lieux qui t'a donc entraînée?

FENELLA. Elle désigne Sciva; il est venu l'arrêter, malgré ses larmes et prières. Faisant le geste de to<imer une clé et de fermer les verrous , elU exprime qu'on la plongea dans un cachot. Là elle priait, triste, pensive, plongée dans la douleur, qi-and tout à coup l'idée lui vint de se soustraira à l'esclavage. Montrant la fenêtre, elle fait signe qu'elle a attaché des draps, qu'elle s'est laissée glisser à terre, qu'elle a remercié le ciel. Mais elle ( entendu le qui vive de la sentinelle; on l'a mise enjoué; elle s'est sauvé« i travers le jardin, a aperçu la princesse, et est venue se jeter à ses piedh ELVIRE.

Que ses gestes parlants ont de grâce et de charmes!

Jeune fille! sèche tes larmes, Je veux te protéger auprès de mon époux^ De ta douleur je serai l'interprète.

FENELLA. Elle lui témoigne sa reconnaissance. LORENZO, Bortaut de la chapelle.

Voici de votre hymen la pompe qui s'apprête, Princesse, et dans le temple on n'attend plus que vous.

(la marche commence; Elvire et tout le cortège entrent dans la chapelle. Selva place difiérents postes de soldats qui empêchent le peuple d'avancer.) LE CHOKUB.

0 Dieu puissant! Dieu tutélaire!

Du haut des cieux Entends nos vœux!

(Le peuple se presse à l'entrée du oéristylc, et regarde dans l'intérieur du temple la cérétoionie qui tst censée commencée. Fenella se lève sur la pointe des pieds, et fait aussi ses efforts pour voir, mais la foule l'en empêche.)

Dieu puissant ! Dieu tutélahe!

Nous t'implorons à genoux.

(Tout le monde se met à genoux, et Fenella aussL)

Daigne exaucer notre piicre.

Et bénis ces heureux époux!

Dieu tutélaire !

SELVA, regardant.

0 quel spectacle auguste et solennel'. .i

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