‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 61 sur 349 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

Dissipez sa douleur.

LA COMTESSK.

Faut-il mourir de ma souffrance?

LE CHOEUR

Ah ! que votre puissance Lui rende le bonheiu*.

ISOLIER, à part, au comte.

Vous avez entendu sa touchante prière !

Voici le vrai moment, parlez pour moi, bon père !

LE COMTE, à la comtesse.

Je puis guérir vos maux.

Si vous croyez à ma science :

Ils viennent de l'indifférence Qui laisse votre cœiu- dans un iatal repos. Et po'ur renaître à l'existence.

Il faut aimer, former de nouveaux nœuds.

LA COMTESSE

Hélas ! je ne le peux.

Naguère encor d'un éternel veuvage Mon coeur fit le serment.

Le ciel vous en dégage.

11 ordonne que de vos jours La flamme se ranime au flambeau des amours.

LA COMTESSE

Surprise extrême !

Le ciel lui-même Vient par sa voix me ranimer !

(a part.)

Toi, pour qui je soupire.

Toi, cause d'un martyre

Que je n'osais exprimer, Isolier, je poiis donc t'aimer !

Je puis t'aimer et te le dire !

Ah ! bon ermite, que mon cœur Vous doit de reconnaissance !

Par vos talents, votre science Vous m'avez rendu le bonheur.

ISOLIER ET LE CHOEUR, à part.

Oui, sa douce parole Semble la ranimer ;

Le mal qui la désole Commence à se calmer.

LE CHOEUR

Les belles afflijfces Par lui sont protégées.. .

Par lui, par ses discours, Les belles affligées Se consolent toujours.

ISOLIER, bas, aucomte.

C'est bien... je suis content.

Encore un mot, de grâce.

(a demi voix.)

D'un grand péril qui vous menace Je dois vous avertir!., il faut vous défier...

LA COMTESSE

De qui?

LE COMTE, à voit basse.

De ce jeune Isolier.

LA COMTESSE

Ociel!

LE COMTE, de même.

Songez qu'il est le page De ce terrible comte Ory.

Dont les galants exploits... Mais ici... devant lui,

Je n'oserais en dire davantage.

Entrons dans ce castel.

LA COMTESSE

Mon cœur en a frémi!

(Au eomte.)

Venez, ô mon sauveur!... ô mon imique appui !

(Elle preud le comte par la main, et va l'entraîner daus le château. Toute» les dames les suivent. Le comte Ory a déjà mis le pied sur le pont-levis, et, en raillant Isolier, fait uu geste de joie. En ce moment entre le gouver- &eur, suivi de tous les chevaliers de son escorte.)

Page 1