ACTE T, SCÈNE VII
Le confident, l'ami de notre maîtie !
RAIMBAUD
Taisez- vous donc, ne dites mot.
LE GOUVEUNEUR.
Plus de doute, plus de mystère,
(Montrant l'ermite.)
C'est Monseigneur! c'est lui!
LE COMTE, à voit basse.
Misérable ! crains ma colère.
TOUS LES CHEVALIERS, s'inclinaut.
C'est le comte Ory !
TOUTES LES FEMMES, s'éloignant avec effroi, et se réfugiant dans un coia.
Le comte Ory !
LES PATSANS, s'avançant avec indignation.
Le comte Ory !
Eh bien! oui... le voici,
QUATUOR DICESIMO.
Ciel ! ô terreur ! ô trouble extrême!
Quel indigne stratagème !
Mon cœur
En frt^mit d'horreur.
LE COMTli, bas, à Raimbaud.
0 dépit extrême !
Lorsque j'étais sur du succès.
C'est notre gouvernem- lui-même Qui vient déjouer mes projets.
LE GOUVERKEUR.
Pour vous, et de la pail d'un père qui vous aime, J'apporte cet écrit qu'il remit à ma foi. Usez.
Eh ! lis toi-même ; D'un chevalier est-ce l'emploi?
LE GOUVEUNEUR, lisant.
« La croisade est finie, « Et dans notre patrie tt Tous nos preux chevaliers vont bientôt revenir. »
TOUTES LES FEMMES, avec joie.
La croisade e^t finie.
Et dans notre patrie
Tous nos maris vont enfin revenir.
LE GOUVERNrun, lisant.
« Mon fils, pour mieux fêter des guerriers que j'honore, « Je veux qu'auprès de moi vous brilliez à ma cour... « Mais venez... hàtez-vous ; car la deuxième aurore « Peut-être dans ces lieux les verra de retour. »
ENSEMBLE
CHCEUB DE FEMMES.
Quoi! dem.ain?... ô bonheur extrême!
Mos maris vont revenir !
Quoi! demain?... ô dépit extrême!
Leurs maris vont revenir!
RAIMBAUD, bas.
Oui, Monseigneur, il faut partir; A voti-e père il faut obéir.
li n'est pas temps... un dernier stratagème Peut encor nous servir.
DAME RAGONDE ET LES FEMMES , au comte Ory.
Adieu vous dis, ô noble comte , Soyez plus heureux désormais.
LE COMTE , à part.
Sachons venger ma honte Par de nouveaux succès.
(Bas, à Raimbaud.)
Un jour encor nous reste, Sachons en profiter.
RAIMBAUD, bas.
Quoi ! ce retoiu" funeste...
Ne saurait m' arrêter.
ENSEMBLE