Théâtre de famille
Jouer la comédie, c'esl, pour les acteurs de profession, un travail souvent |)énil)le; pour les particuliers, c'est une récréation, un plaisir aujourd'hui très-généralement goùlé, une mode et presque une épidémie.
La société où vit l'auteur de ces petites pièces a été atteinte de cette épidémie. On voulut jouer la comédie. .Mors se présenta ceti ; question délicate : Uuelles pièces jouer ? Et chacun de l'euilleter sa mémoiie ou sa bihliothèque. On ne trouva rien ou pres(|ue rien c|ui pût convenir.
(leci a l'air d'un paradoxe et demande explication, en pi ésence des chefs-d'œuvre dont tant d'auteurs de génie ont eiiiichi notre répertoire dramatique.
Mais, au moment de se lixer à l'un de ces chefsd'oiuvre, on se heurtait à quelque imposi-ihilité.
Tantôt, c'était la mise en scène ; il eût fallu des dé-
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ciuv (lu'on ne piuivail. se j-TocurL'i', ou (ics cosliiiiios qui, d' u !■• phi isir facile, au raÏL'i II fait une grosse dépense, 'l'anlôl, le nombre des acteurs nécessaires était trop considérable. Une pièce était trop longue ; une autre trop difficile. Elles auraient demandé des efforts de mémoire ou de talent dont ne se sentaient pas capables des acteurs improvisés. Quelques comédies sont brodées sur une trame si fine, que des mains malhabiles la déchirent. D'autres présentent des situations scabreuses qui, facilement acceptées par le public des théâtres, effaroucheraient les spectateurs plus sévères d'un salon.
Bref, il eût fallu mutiler ou défigurer des chefsd'œuvre.
il était plus simple de composer un répertoire mieux approprié à notr(> inexpérience. Telle est l'origine des petites pièces que nous publions.
Elles n'ont qu'un seul mérite, qui est leur raison d'être : elles sont faciles à jouer.
Elles peuvent se passer de décors, de costumes, de mémoire, de talent et d'acteurs.
Deux paravents, les costumes de tous les jours, et les premières personnes venues y suffisent. ■ Les pièces sont courtes, de genre varié, d'une moralité scrupuleuse, les rôles faciles, les effets dramati(pies très-simples.
Il n'crt pas inteidit toutefois d'y mettre du talent
IMiKI'ACK III
ei de l'esprit. Quclquc?-rines des personnes (jui ?e sont chargées de ces rôles nous ont ])rouvé que l't'^prit et le talent mclaniorphoscnt tout ce qu'ils touchent, et, sur un sol aride, comme des fées bienfaisantes, font naître sous leurs pas les grâces, les ris, les plaisirs.
Si quelques aimables personnes voulaient bien renouveler ce miracle, l'auteur leur adresse d'avance ses humbles remercîments;.
LES GENTILLATRES
PERSONNAGES
LE BARON D'OP.dEVlLLL.
LA BAHONXE DE VAGUEBUIS.
YILALN, ;;aicic-(lia5se.
•ULIETTE. l'emiiie de chuinbie.
la scelle e.-.t au .ftiiiteiui tle VaLMiebois.
Celte comédie, un peu plus longue que les autres, peut, si on le ili'sire. se couper en deux netes; le second commençant, alors, à la ■■ l'iie \l. T'ius les rôles sont l'.icites. Pas d'amoureux!
LES GENTILLATRES
Un salon.