HOR A C K
Moi, pas du tout... Eh bien, si, je l'avoue. Je suis contrarié de la ruse que vous avez employée. Est-ce là de la franchise? Je vous ouvre mon cœur sans arrière-pensée ; et pour répondi'c à ma sincérité, vous me contez des fables. Je vous croyais plus droite.
M A D A M !•: I ) i; V iL U N E U I L .
Maintenant vous m'allez quereller?
L'INDKCIS \-2l
HORACE
Non ; mais enfin qu'aviez-vous besoin de détours pour m'annoncer une chose aussi simple? Que voti-e sœur se marie, c'est trôs-naturel. Cela devait arriver un jour ou l'autre; je devais m'y attendre. Qu'elle fasse un sot ma- " riage, que m'importe après tout? Ce qui mo choque, c'est la manière dont on me l'a appris.
M.VDAMK DEVERNEUIL.
.Non, mon ami, ne cherchons pas à nous faire illusion. Ce mariage vous blesse, je le vois bien : c'est ma sœur que vous aimez.
Je vous jure.
HORACE
MADAME D !■ VKRNEUIL.
Ne jurez point. L'amour ne se commande pas ; c'est ma sœur que vous aimez. Je m'en doutais, et j'ai voulu qu'en apprenant son mariage, qui malheureusement est trèsréel, vous ayez près de vous une amie pour vous plaindre et pour vous consoler.
.\li ! madame, tant de générosité m'accable de confusion. Je suis bien coupable et bien à plaindre aussi ; car je vous aime; oui, je vous aime, et plus que ma conduite ne semble l'indiquer. Je ne sais que vous dire pour me
justifier. Étourdi par tant de secousses, mon cœur ne sait ce qu'il désire. Je ne sais plus ce que je pense, je ne sais plus ce que je dis. Permettez-moi de vous quitter, pour essayer de reprendre un peu de calme. Mais croyez bien que mon affection pour vous, quelque nom que vous vouliez lui donner, durera toute ma vie.
Il sort.
MADAMt: DK VERNEUIL.
Pauvre garçon! Oui, je le plains...