‹ Théâtre de familleChapitre 74 sur 104 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

HENRI, DORVAL

Tu fais donc maigre, maintenant?

HENRI

Que veux-tu? Ma femme y tient beaucoup...

DORVAL

Remarque que je ne te blâme pas.

HENRI

iMa femme y tient beaucoup. Elle a été si bien élevée.

174 THÉÂTRE DE FAMILLr:

Nous avons donc été mal élevés, nous autres?

HENRI

Je ne dis pas cela ; mais ma femme a des principes très-arrêtés et très-sévères, et j'en suis enc liante. C'est une garantie pour un mari.

DORVAL

Hum ! hum! j'ai vu en Espagne, en Italie, et même en France, quelques maris qui avaient lieu de croire que la garantie n'était pas suffisante.

HE NRI.

Tu tournes tout en plaisanterie..., tu as tort. J'étais comme toi autrefois, et je traitais de bagatelles bien des choses qui me paraissent aujourd'hui des plus graves. Le mariage nous éclaire la vie sous un jour tout nouveau.

Je te trouve en effet un ton et un langage que je ne te connaissais pas.

D'ailleurs, il est toujours bon d'observer les usages généralement reçus. Tout cela contribue, plus que tu ne crois, à la considération dont on jouit dans le monde.

DOR V AL

l'e voilà duvenu un profond politique; mais enfin, maigre ou gras, à quelle heure dînes-tu?

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