SCENE III
Allons, on me l'avait bien dit... Pourvu que je n^arrive pas trop tard. Quand je vins les voir il y a cinq anSj ce n'étaient que démonstrations et caresses. On en était encore aux petits compliments, aux attentions fines; on se montrait d'une tendresse à incommoder les étrangers. Aujourd'hui, c'est autre chose : madame est en soirée, monsieur est au cercle : monsieur a son domestique, madame a sa soubrette : madame a sa chambre, monsieur a la sienne... Ce n'est pas madame Nitouche ni moi qui en aurions usé ainsi... Elle ne l'eût pas permis, et je ne l'eusse pas voulu. Il paraît que la mode a changé. Si on reste sous le même toit, c'est pour éviter le scandale d'une rupture officielle; mais chacun reprend sa liberté. Monsieur redevient garçon avec plus d'expérience et de maturité. Madame passe à l'état de veuve sans en avoir les charges ni les inquiétudes. Comme on est coupable au même chef, on n'a pas de comptes à se demander, et par la marche des choses, sans violence, sans secousses, on arrive, non
M. NITOUCIIK ^,¥.i
pas à la haine et à Thostilite, mais à rindifférence et à l'oubli.
On sonne.
JUSTINE, en dehors à gauche.
Un coup. A vous, François.
Allons ! Nous verrons si le mal est sans remède. François va ouvrir la porte du fond.