SCÈNE V IRMA, seule
Elle entre de droite, la cravache à la main. Klie voit le tas de lettres sur la chaise. Elle montre par un signe qu'elle sait son mari dans la chambre voisine. Elle se regarde en donnant des coups de cravache dans le vide. Elle dit d'un ton tragique.
Le voici donc, le produit de mes veilles,
Ces lettres, ces merveilles Ecrites en français, dans un français soigné
Qu'aurait sans nul doute signe
La marquise de Sévigné.
Le sel de mon esprit, la sève de mon âme. Tu n'en as pas voulu, tu me les rends^ infâme!
Ces écrits, ces écrits
Dignes de ton mépris,
Ils appartiennent à l'histoire.
Tu me les rends!
Je les reprends Pour les faire imprimer; il deviendront ma gloire.
M'entendez-vous, m'entendez-vous ?
Oh ! oui, vous m'entendez, mon misérable époux ! Avancez donc à l'ordre ! A genoux ! à genoux !