‹ Théâtre de George SandChapitre 108 sur 142 · LE C H E VA L I E R · texte numérisé non relu

LE C H E VA L I E R

Pourquoi le haïssez-vous ? Vous êtes absurde !

BERNARD

Je ne souffre pas que personne me protège; j'ai la prétention de ne rien devoir qu'à moi-même!

Ayez moins d'orgueil, Bernard!

BERNARD

Et pourquoi donc cela s'il vous plaît? parce que j'ai été un M auprat de la Yarenne? Oui, oui, je dois porter éternellement la peine de mon infortune! et depuis vous, mon oncle, jusqu'au dernier de vos paysans, chacun ici se croit fondé à m'infliger le souvenir du passé comme une injure!

LE CHEVALIER

C'est à moi que vous dites cela9 à moi qui ai tout fait pour c 17

vous relever à vos propres yeux et dans l'estime de tous? Tenez, vous devenez ingrat!

BERNARD

Mon oncle! vous m'avez imposé vos bienfaits... Mais vous ne voulez pas voir que je suis un homme .. un homme qui a grandi dans des luttes violentes et qui ne sait pas mentir!... Je n'ai pas choisi ma destinée, moi. et je ne veux pas rougir de moi-même ! Injustes el cruels les cœurs qui me feraient

UI1 Crime d'être né malheureux!... (Avec intention regardant Edmée.)

Ingrats et lâches, ceux qui oublieraient certaines preuves de générosité !

LE CHEVALIER, se levant

Hue voulez-vous dire? Expliquez-vous, je le veux!

BERNARD

Rien, mon oncle; vous êtes plus mal disposé pour moi aujourd'hui que de coutume, je me retire pour ne pas vous

irriter davantage, (il sort. Le chevalier retombe accablé. A la fin de cette scène, M. Aubert est entré avec une certaine émotion.)

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