‹ Théâtre de George SandChapitre 109 sur 142 · LE CHEVALIER, M. AURERT, EDMÉE · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, M. AURERT, EDMÉE

(Le vitre et la fille sont accablés tous deux, de chaque coté de la scène. Le Chevalier est absorbé. Edmée, tremblante et comme réfugiée derrière M. Aubert, qui est debout auprès d'elle.)

EDMÉE, à M. Aubert.

Oh! il finira par laisser échapper ce fatal secret, et ce sera le dernier coup pour mon père !

M. AUBERT

Edmée, il faut avoir le courage de rompre un lien funeste !

M. de La Marche peut VOUS SaUVer... (Montrant la maison de Fatience.) II est là...

EDMÉE

Quoi? malgré...

M. AUBERT

Oui, malgré votre défense.

EDMEE.

Mais si Bernard le rencontre...

M. AUBERT

Il ne s'agit plus de Bernard, Edmée; il s'agit de votre père; voyez son abattement.

EDMEE, se tournant vers son pure, qui a la figure cachée dans ses main».

Mon père! (s-éiançant vers lui.) ATous souffrez?

Non, rien ; laisse-moi, ma fille.

E DMÉE, tombant à ses pieds.

Vous me repoussez?

LE C H E VA L I E R , la pressant sur son cœur.

Toi? ô Dieu!

EDMÉE

Vous pleurez? (a Aubert.) Mon père pleure! Oh! qu'il est coupable, celui qui fait couler de telles larmes!

LE CHEVA LIER.

C'est la première fois depuis la mort de ta pauvre mère. Que veux-tu? je suis vieux, je suis faible.

H. AUBERT

Mon, monsieur, vous ne serez jamais faible, mais votre cœur est brisé, et il faut que votre fille le sache.

LE CHEVALIER

Taisez-vous, mon ami.

EDMÉE

Mon père ! vous doutez de moi ? vous croyez que je peux aimer quelqu'un plus que vous sur la terre... Non, c'est im-

possible!... Nous avons été affreusement éprouvés dans notre famille, nous avons tout accepté à nous deux, parce que nous ne faisons qu'une âme, qu'une volonté, qu'une conscience. Je peux donc tout supporter pour vous et avec vous ; rien sans vous, rien contre vous.

LE CHEVALIER

Edmée! mon enfant, mon bonheur, mon soutien... Ah ! pourquoi ce démon d'orgueil s'est-il mis entre nous? C'est moi... c'est ma faute... j'étais trop heureux!... je me plaignais d'être trop calme, trop choyé, trop regardé comme un oracle! Son énergie . sa naïveté me séduisaient : je l'ai aimé follement, aveuglément... J'ai songé à en faire mon fils... je t'ai aidé à éloigner les obstacles, et à prés.';;t... hélas!...

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