‹ Théâtre de George SandChapitre 120 sur 142 · MARCASSE, BERNARD · texte numérisé non relu

MARCASSE, BERNARD

(Bernard est immobile sur le fauteuil à gauche; il prend machinalement un de ses pistolets à sa ceinture, en disant :

Cela devait être !

MARCASSE, arrachant le pistolet des mains de Bernard.

Vous!... un homme, un militaire, qui doit sa vie... Fi donc! Et puis, c'est faux, qui sait? On dit, on croit! des paroles! Il faut savoir ! Partons ! (n jette ie pistolet par terre.)

BERNARD

Non, non ! je ne peux pas! La retrouver fiancée de nouveau

avec cet homme! Ah! je suis désespéré... je n'ai plus besoin de m' observer et de me corriger... mes instincts farouches peuvent bien triompher à présent. Pourquoi non! J'appartiens au mal. puisque mon cœur appartient à l'éternelle solitude !

(a Marcasse qui s'est agenouillé près de lui.) Mais que f»iS-tU là, 01011

pauvre ami? que peux-tu demander à un homme qui n'existe plus?

MARCASSE

Votre ami, oui. je le suis! vous, le mien aussi! vous le devez ; vous m'avez sauvé deux fois la vie au risque de la votre. Vous avez été pour moi comme un frère... un égal... un fils aussi... ce qui fait que je... je vous aime et que... je vous aime !

BERNARD

Ah! noble cœur! tu me plains, toi !... oui, toi seul, toi seul au monde, pauvre tomme, tu m'aimes, je le sais!

MARCASSE

Moi... ce n'est pas assez, j'en conviens, (lui prenant les mains.] Oui, pleurez... ça ne déshonore pas... pleurez!... et puis

éCOllteZ bien... (Touchant le pistolet de Bernard à sa ceinture.) Si VOUS

pensez encore... très-possible! Eh bien! pourquoi pas? moi aussi : avec vous, vivre et mourir! mais en secret tous deux, loin d'ici. Jurez !

BERNARD

Je te comprends, je dois sauver ma dignité !

M \ lu. iSSE.

Qu'est-ce que c'est que de mourir? Pas grand'chosel

BERNARD

Tu as raison... le désespoir, c'est la faiblesse !

MA R CASSE

Bien! alors, nous irons, et quoi qu'il y ait là-bas... bel! ! tenue, bon visage, esprit ferme.

MAUPRA r

BERNARD

Oui, oui. partons!...

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