MARCASSE, BERNARD
(Bernard est immobile sur le fauteuil à gauche; il prend machinalement un de ses pistolets à sa ceinture, en disant :
Cela devait être !
MARCASSE, arrachant le pistolet des mains de Bernard.
Vous!... un homme, un militaire, qui doit sa vie... Fi donc! Et puis, c'est faux, qui sait? On dit, on croit! des paroles! Il faut savoir ! Partons ! (n jette ie pistolet par terre.)
BERNARD
Non, non ! je ne peux pas! La retrouver fiancée de nouveau
avec cet homme! Ah! je suis désespéré... je n'ai plus besoin de m' observer et de me corriger... mes instincts farouches peuvent bien triompher à présent. Pourquoi non! J'appartiens au mal. puisque mon cœur appartient à l'éternelle solitude !
(a Marcasse qui s'est agenouillé près de lui.) Mais que f»iS-tU là, 01011
pauvre ami? que peux-tu demander à un homme qui n'existe plus?
MARCASSE
Votre ami, oui. je le suis! vous, le mien aussi! vous le devez ; vous m'avez sauvé deux fois la vie au risque de la votre. Vous avez été pour moi comme un frère... un égal... un fils aussi... ce qui fait que je... je vous aime et que... je vous aime !
BERNARD
Ah! noble cœur! tu me plains, toi !... oui, toi seul, toi seul au monde, pauvre tomme, tu m'aimes, je le sais!
MARCASSE
Moi... ce n'est pas assez, j'en conviens, (lui prenant les mains.] Oui, pleurez... ça ne déshonore pas... pleurez!... et puis
éCOllteZ bien... (Touchant le pistolet de Bernard à sa ceinture.) Si VOUS
pensez encore... très-possible! Eh bien! pourquoi pas? moi aussi : avec vous, vivre et mourir! mais en secret tous deux, loin d'ici. Jurez !
BERNARD
Je te comprends, je dois sauver ma dignité !
M \ lu. iSSE.
Qu'est-ce que c'est que de mourir? Pas grand'chosel
BERNARD
Tu as raison... le désespoir, c'est la faiblesse !
MA R CASSE
Bien! alors, nous irons, et quoi qu'il y ait là-bas... bel! ! tenue, bon visage, esprit ferme.
MAUPRA r
BERNARD
Oui, oui. partons!...