H ARC AS SE
Vous êtes fatigué, malade, défait! Il ne faut pas. Buvez un verre de ce vin, jetez-vous sur ce lit... dix minutes, comme en campagne, cela remet... le temps que je sellerai votre cheval. Vous promettez... lit...
BERNARD
Sur l'honneui Bon I mer< i '
MARCASSE
BEBNABD, m.i.
Excellent homme! oui, jusqu'à la dernière lueur d'espérance, j'attendrai debout le coup qui doit briser ma vie. Tout sera dit, tout sera fait dans quelques heures ! (n reste assis sur ie
fauteuil de gauche, immobile, les yeux ouverts, perdu dans ses pensées. Les rideaux du lit s'écartent doucement derrière lui. Jean le Tors, paie, maigre, effrayant, enveloppé d'un mauvais manteau incolore, et la tête nue, se glisse sans bruit, cherche des yeux le pistolet que Marrasse a jeté au milieu de la chambre, le voit, souffle la chandelle qui a été laissée sur un petit meuble entre le lit et la porte ; puis il se baisse, ramasse en rampant le pistolet, le cache de la main droite, et fait de l'autre main un geste de menace en regardant Bernard. En ce moment Bernard le voit, tressaille d'horreur et reste comme pétrifié. Le spectre se lève et grandit devant lui en le tenant fasciné ; puis il recule jusqu'au panneau de droite, où il disparait par unt porte secrète pratiquée dans la boiserie. Alors Bernard s'élance sur le panneau, le touche, le pousse en vaiu, puis s'arrête, passe sa main sur son front, et revient ver»
le fauteuil en disant :) Ah! c'est horrible, cette vision ! Est-ce que je perds la raison, moi?
THEATRE UE (iEURGE SAND.
BERNARD, MARCASSE
int avec une lumière.
BERNARD
Quoi donc, Mareasse, que veux-tu ?
MARCASSE
Je venais... mais qu'est-ce que vous avez donc? vos yeux sont fixes, vos mains glacées g Vous n'avez pas dormi ?
Non! c'est pire! j'ai rêvé tout éveillé! je me sens baigné d'une sueur froide : Marcasse, sortons d'ici !
MARCASSE
Mais vous pouvez me dire, à moi...
BERNARD
Oui. tout?... Je viens de voir là. devant moi. aussi nette que je vois la tienne, la figure de Jean de Mauprat.
MARCASSE
Singulier, cela! comme moi... à La Rochelle, il y a huit jours... vous sentez-vous la fièvre?
BERNARD
Je ne sais, mais ce doit être la cause... Allons, viens, je suis malade, l'air me remettra !