SOPHIE, VICTORINE
(Sophie, Victorine et madame Yanderke forment un groupe en s'embrassant. M. Vanderke vient sur le devant du théâtre arec Antoine.)
M. VANDERKE
Tu dis que tu n'as pas trouvé cet homme?
ANTOINE
Il faut qu'il se soit envolé en fumée. Personne n'a vu ni homme ni cheval, et la lettre est tombée du ciel!
C'est qu'il y a un peu de confusion dans la maison, à cause de la noce de demain,
MADAME VANDERKE
Quel est donc cet homme qui vous inquiète? et cette lettre, est-ce quelque chose... ?
LE MARIAGE Dii VICTORINE. 77
M. VANDERKE
Rien, rien, mon amie. Rien ne m'inquiète, Dieu merci! (nas à Antoine.) Mon fils lui aura ordonné de repartir à l'instant et de ne parler à personne pour ne pas donner l'alarme dan- la maison. C'est son propre domestique qu'il aura chargé de cette mission délicate.
ANTOINE
Probablement. C'est quelqu'un qui connaît les aitres.
M. VANDERKE, à Sophie.
Ma fille, nous vous ramenons Victorine, et venons vous souhaiter une bonne nuit, puisque vous nous avez boudés ce soir.
SOPHIE
Boudé! moi? oh jamais!
MADAME VANDERKE
Elle est absorbée par l'idée que son mari va arriver. Elle ne pense plus à nous, (a Sophie.) Nous te le pardonnons bien, va! Demain serait donc un beau jour dans la famille-, si Alexis n'était pas absent, et si Victorine ne devait pas nous quitter bientôt!
Ah! j'étouffe quand j'y pense! Madame, ne m'y faites pas penser !
MADAME VANDERKE
Eh bien, tu as le frisson? tu étais si insouciante tantôt que je t'accusais presque de ne pas nous regretter?
ANTOINE
Est-ce qu'elle sait ce qu'elle pense? Elle est si fantasque!
MADAME VANDERKE, observant Victorine.
C'est vrai qu'elle est un peu fantasque., depuis quelque temps... et aujourd'hui , surtout!... Est-ce qu'elle aurait encore la fièvre ?
ANTOINE
Non. non, elle ne l'a pas eue aujourd'hui.
II A D A H E VA N DERK K . i son mari.
Mon ami, vous qui êtes le médecin de la maison, le seul en qui j'aie confiance, vous le savez! voyez donc ce soir...
M. VANDERKE,' prenant, en souriant, le bras de Victorine.
Voyons, madame la malade !
VICTORINE
Oh ! je ne suis pas malade ! [a part.) Malheureusement pour moi !
MADAME VANDERKE, à -on mari, qui est devenu sérieux en tàtar.t le pouls à Victorine.
Eh bien?
M. VAXDKRKE.
Elle s'est beaucoup agitée aujourd'hui ; elle a de la fièvre.
ANTOINE
A cet âge-là, on l'a toujours !
MADAME VANDERKE
Mais si elle était malade demain, il faudrait retarder encore la cérémonie. On n'est pas souffrant sans que l'esprit s'en ressente, et il n'est, pas nécessaire d'avoir des idées triste-, un jour qui peut décider du reste de la vie.
ANTOINE, à part.
Ali ! voilà madame qui s'en mêleaussi. a m. vamierie.] Monsieur, envoyez donc Victorine dormir. Il se fait tard.
M. VANDERKE
Oui, oui. il faut qu'elle se couche tout de suite, et qu'elle dorme bien.
ANTOINE, à sa fille.
Tu l'entends! Monsieur veut que tu dormes.
VICTOR INE
Est-ce qu'on dort comme cela, à volonté?
ANTOi.N E.
Toujours de la résistance... dans les moindres choses! là ! pour contrarier !
victorine.
Je dormirai, mon papa, je dormirai !
MADAME VANDERKE
Allons, embrasse ton père... qui te gronde toujours .. parce qu'il t'adore. (Baissant ia v,.ix.) Et n'oublie pas ce que je t'ai recommandé de lui dire.
VICTORINE
Oh! non, madame. Mon papa, j'ai quelque chose à vous dire, à vous tout seul !
ANTO [NE
V moi ? tout seul?
MADAME VANDE R KE.
Oui, Antoine; nous vous laissons. Bonsoir, Victorii
embrasse Victorine.) BoilSOir, ma chère fille! EU,- embia^e sa fil!.-. M. Vanderke en fait i dame Vandcrkc, parla porte Je l'an-
tichambre. Sophie rentre dans sa