‹ Théatre de GoetheChapitre 105 sur 382 · ACTE ly · texte numérisé non relu

ACTE ly

iriiommes? Seul il veut être libre, libre de satisfaire tous ses penchants, de niellre à exéculion tons ses capiice-. i j si nous lions confions entièrement à lui, qni ejt un roi sage vl bienfaisant, nous répond il de ses successeurs? nons répond-il que nul d'entre eux ne règne sans ménagement et sans mesure? Qni nons sauvera du despotisme, s'il nous envoie ses valets et ses proelies, qui, sans aucune connaissance du pays, sans aucun égard à ses besoins, disposent et ordoiment selon leur bon j laisir, ne rencontrant aucune résistance et se sentant libres de toute responsabilité?

ALBE, apro? avoir de nouveau jeté les yeux autour de lui.

11 est fort naturel qu'un roi pense à régner par lui-même, et qu'il choisisse pour l'exécution de ses volontés ceux qui le coniprenneiil mieux, ceux qui veulent le comprendre, ceux entin qui lui obéissent sans restriction.

EGMOM.

Et n'est-il pas fort naturel aus-i que le bourgeois aime à être gouverné par celui qui est né et qui a été élevé avec lui, qui a pris siu- le juste et l'injuste les mêmes idées que lui, qu'il peutenlin considérer comme son frère?

ALBE

La noblesse n'a pourtant pas fait un partage trop équitable avec ses fi-ères.

EGMONT

Cela date de bien des siècles, et on le souffre auj tnd'hui sans envie. Mais que maintenant on envoie sans nécessité des hommes nouveaux qui arrivent avec le projet de s'enrichir aux dépens du peuple, que le peuple se voie livré sans défense à une cupidité sans pudeur et sans frein; cela amènerait une fermentation qui, pour se calmer, demanderait plui d'un jour.

ALDE

Tu me dis là des choses que je ne devrais pas entendre. Moi aussi je suis étranger.

EGMONT

Te les dire, c'est te prouver que je ne t'ai pas en vue.

ALBE

Il n'importe; elles m'offensent dans la bouche. — Le roi

Ï44 EGMONT

m'a envoyé ici avec l'espoir que je trouverais un appui dans la noblesse. Le roi veut ce qu'il vent. Le roi, après un mûr e\amen, a vu ce qui convenait au peuplerles choses ne peuvent ni ne doivent rester sur l'ancien pied. Los intentions du roi sont de réprimer le peuple pour son propre bien, de l'obliger, s'il le faut, à être sauvé, de sacrifier les citoyens dangereux pour que le reste vive en paix et jouisse à loisir des bienlaits d'une administration sage. C'est là sa vo'onlé, c'est là ce que Je suis chargé de l'aire savoir à la noblesse; et, en son nom^ je demande comment je dois faire et non ce (pie je dois faire, car cela il l'a résolu,

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