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ACTE V

CLAIRE

Plus bas, mon ami, n'éveillons personne, ne nous éveillons jas lioiis-niêine- ! Connais-lii celle fiole, Bra kv bonrg? je te lu pi is en badinant, nn jour que, selon la coulmne, tu parlais de te délivrer' de la vie : et maintenant, mon ami...

BRACKEKROURG.

Au nom de tons les sainls !

CLAIRE

Tu n'y peux rien changer; la mort esl mon partage; ne m'envie pas la mort douce et prompte qne lu l'étais préparée. Donne-moi ta main! Dans un moment, lorsque

j'ouvrirai la sombre porle qu'on ne passe pas deux fois, je voudrais pouvoir te redire, en le serraut ainsi la main, combien je t'ai aimé, combien j'ai pleuré sur ton sort. — Mon l'rère est mort jeune; je t'avais choisi pour le remplacer près (le moi. Ton cœur n'accepta pas celle mission, el ce fui une source de toninients pour toi et pour moi. Tu aspirais toujours plus ardemment à une place qui ne t'élait pas destinée. Pardoinie-moi, el vis heureux. Laisse-moi te nommer mon fière! C'est un nom qui com[)rend bien des noms. CueilK' la dernière ilenr de ceux qui se séparent, et que ce soit de bon

cœur prends ce baiser ! La mer l réunit loul, Braoken-

bourg, tout! nous aussi.

BRACKENBOURG.

Eh bien, laisse-moi mourir avec toi 1 Partage, ah ! partage ; il y en a assez pour éteindre deux vies!

CLAIRE

Non, reste! tu dois vivre; tu le peux. — Beste auprès de ma mère, qui sans toi tomberait dans la misèie; sois ce (jue je ne puis plus être pour elle, vivez eusemble et pleurez-moi. Pleurez sur la patrie, pleurez sur l'homme qui am^ait pu la sauver! La génération d'aujourd'hui n'est pas au bout de ses maux. Tonte la fureur de la vengeance échouerait contre d • tels malheurs. Vivez, malheureux, jusqu'au jour où les jour.^ s'arrêleni. Mais aujourd'hui se taisent pour moi tous les bruits du monde; la terre suspend sa marche... mon cœur n'a plus que quelques minutes à battre. Adieu!

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