‹ Théatre de GoetheChapitre 119 sur 382 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

inléricures se (Icssine à son aise... Saisis d'un doux égarement, nous nous sentons faillir et nous cessons d'èlre...

Il s'endort; la musique accompagne son sommeil. Le mur contre li'qiiel esl ados;é son lit s'entr'ouvre, et on voit se déployer une brillante apparition. La Liberté, en habits célestes, baignée de clarté, repose sur un naa c. tlle a les traits de Claire; elle se penche vers le héros endormi. Sa physionomie exprime un sentiment triste et len.he : elle par;iiL gémir ^ur lui. Mais bientôt elle se relève, et, d'un geste encourageant, lui montre le faisceau de flèches, le sceptre et le bonnet. Elle semble l'invitei- à la joie, et, eu lui annonçant que sa mort affranchira les provinces, elle le leconnait vainqueur, et lui tend une couronne de laurier. Au moment où elle s'apprête à poser la couronne sur son front, Egmont fait un mouvement comme quelqu'un qui s'agite en dormant; de ïoneque^on visage se liouve dirigé vers elle. Elle tient la couronne suspendue sur sa tète. On enicnd de fort loin une musique guerrière de fifre:> et di' tambours; aux premiers sons de cette musique, l'apparition s'évanouit. Le bruit devient pllJ^ fnrl; Egmont s'éveille. La prison est faiblement éclairée des rayons du malin. Son premier mouvement est de porter la main sur son front; il se lève et regarde autour de lui en tenant toujours la main sur sou front.

.. Elle n'y est plus, la couronne!... Vision enchanteresse, . !;i lumière du jour t'a fait disparaître!... Oui, c'étaient elles, elles y étaient réunies, les deux plus douces joies de mon cœur. La divine Liberté avait emprunté les traits de ma Licu-aimée; cette fille charmante avait pris le céleste costume do la protectrice de mes jours. En ce grave moment, elle semblait plus sérieuse qu'aimable. Elle marchait devant moi les pieds teints de sang, les plis flottants de sa robe souillés de sang. C'était mon sang, le sang de bien des nobles.. . Non, il n'aura pas coulé en vain. Accours, brave peuple! la déesse victorieuse te guide! Comme on voit la mer rompre ses digues, rompez, démolissez de concert le rempart de la tyrannie, pi écipitez-la du terrain qu'elle sarroge insolemment... (Les tambours approchent.) Silence!... Âh ! que de fois ce bruit m'a ouvert le champ libre du combat et de la victoire! Avec quels transports de joie mes compagnons s'élançaient dans le Benlier périlleux de la gloire!... En sortant de ce cachot, je marche aussi à une mort glorieuse ! je meurs pour la liberté. Pour elle, j'ai vécu et j'ai combattu; maintenant, je lui offre ma vie en sacrifice.

Vue ligne de soldats espagnols, portant des hallebardes, vient se ranger au fond du théâtre.

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