‹ Théatre de GoetheChapitre 12 sur 382 · SCÈNE 1 ORESTE, PYLADE · texte numérisé non relu

SCÈNE 1 ORESTE, PYLADE

ORESTE

C'est à la mort que nous marchons ! A chaque pas mon âme devient plus calme. Quand je priai Apollon d" écarter de moi reflruyable cortège des Euménides, ce dieu parut promettre en des paroles riches d'espérances un terme à mes malheurs dans le temple de sa sœur bien-airaée qui j ègne sur la Tauride; et sa promesse a son effet aujourd'hui, car tous mes maux vont finir avec moi. Qu'il me sera facile de renoncer à la lumière du soleil, à moi dont une main divine oppresse le cœur et égare l'esprit! Si les descendants d'Atrée ne doivent pas obtenir dans le combat une mort couronnée par la victoire ; si je dois, ainsi que mes aïeux et mon père, périr misérablement, comme une victime dévouée au sacrifice, soit! mieux vaut périr ici devant l'autel que dans un réihiit obscur où d'homicides parents tiennent des poignards tout prêts! Puissances ■v)uterraines, laissez-moi en paix jusque-là, vous qui vous excitez entre vous, comme le chien lancé sur sa proie, à suivre les traces du sang qui mai(pie l'empreinte de mes pas; laissez-moi, je- descendrai bie tôt veis vous; le flambeau du jour ne doit pas m'éclairer plus que vous; le beau, le vert tapis de la terre n'est pas ll'it pour les ombies. Oui, je vois là-bas vous cher-

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