ACTE I. iOt
quand vous avez prononcé? Mais, dis-moi, qui a placé cettti couronne Mn- lu tète de l'Ariosle.'
Cette niaiu!
AKTOiMO.
Et elle a bien fait. Ces fleurs l'ornent mieux que les plus fastueux lauriers. De même que la nature recouvie son sein précieux d'un vêtement de verdure nuancé de mille couleurs, ain>i l'Arioste enveloppe des draperies fleuries de la fable tout ce qui peut seul laire aimer et respecter l'homme. La joie, i'e.\|)érience, la raison, la force d'esprit, le goût et le sens piu" du vrai beau, tout dans ses chants se spirilualise et se ()ersonnilie à la fois; tout semble s'y reposer comme au >ein des flours, s'impiégner de la pousMère argentée qui .-aiine leui's feuilles légèies, se couroimer de roses et lentonri I comme par magie des folâtres jeux de 1 amour. Non loin nnn'mure la source de l'abondance, ofirant à nos yeux mille s:rènes enchanteresses. L'air est ien]pli d'oiseaux rares, le bocage, la prairie de troupeaux venus des régions étrangères. La m.iliceest aux aguets, à demi cachée dans le leuii+rige-, la sagesse, du fond d'un nuage d'or, laii reti ntir parfois (je cpies sentences sublimes, tandis que la folie, sur un luili liTuionieux, semblant chercher en désordre (pielques accords .>aii\ages, garde cependant toujours lamesuie. Celui qui ose he risquer près de l'Arioste mérite déjà une couronna pour son au tace. Pardonnez si je me sens inspiré moi-même^ et si, seoiliL.ble à l'homme en extase, je ne songe m au temps, (M AU lieu, ni à mes paroles : ces poêles, ces couronnes, les vêtements de fête de ces belles femmes, tout me transporte à mou tour dans un autre moiule.
LA PRINCESSE
Celui qui sait si bien apprécier le mérite de l'un ne peut rester aveugle au mérite de l'autre. Tu nous montreras quelque jour, dans les chants du Tasse, ce que nous sentons, et ce dont toi seul sais terendiecomple.
192 rOUOUATO TASSO.
ALPHONSE
Suis-rnoi, Ântcmo. J'.ii encore à te demander bien des dioses que je siii> curieux d'apprendre. Ensuite, jusqu'au déclin du !-oleil, tu seras tout cntitr aux dames. Viens — Adieu.
Autoaio suit le prince. — Le Tasse 3'éloigne avec les femmes.